Vigne
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Comment choisir une vigne à raisin de table ?
Le choix d’une vigne ne doit pas commencer par la couleur des grains ou la taille annoncée des grappes. Dans un jardin, la réussite dépend d’abord de la capacité du raisin à mûrir sous le climat local, de la sensibilité du cépage aux maladies et de la manière dont la vigne pourra être conduite et taillée.
Une variété à très grosses grappes peut se révéler décevante si elle mûrit tardivement, se fend après la pluie ou exige une protection régulière contre le mildiou et l’oïdium. Une variété moins spectaculaire, mais précoce, bien parfumée et dotée de grappes aérées, donnera souvent davantage de raisins réellement consommables.
Il faut également distinguer la rusticité hivernale du bois et la précocité de maturation. Certaines vignes traversent des hivers très froids sans dommage, mais demandent un été long et chaud pour que leurs raisins perdent leur acidité.
Dans le nord de la France, la meilleure variété n’est donc pas nécessairement la plus rustique ni celle qui porte les plus grosses baies, mais celle qui associe une maturité suffisamment précoce, une bonne tenue sous la pluie et une résistance sanitaire adaptée.
Vigne européenne traditionnelle ou variété résistante ?
Les cépages traditionnels de Vitis vinifera
La majorité des anciens raisins de table européens appartient à l’espèce Vitis vinifera. Ce groupe comprend une immense diversité de grains blancs, roses, rouges ou noirs, ainsi que des saveurs neutres, fruitées ou fortement muscatées.
Les meilleurs cépages traditionnels offrent souvent une peau fine, une chair agréable et une identité aromatique très précise. Ils ont toutefois évolué sans les agents du mildiou et de l’oïdium, introduits plus tardivement en Europe depuis l’Amérique du Nord.
Leur sensibilité varie selon les cultivars, mais la plupart ne possède pas de résistance génétique forte à ces deux maladies. Dans une région humide, certains cépages traditionnels demandent donc une surveillance et des interventions régulières pour conserver un feuillage et des grappes sains.
Les anciennes variétés interspécifiques
Après les grandes crises sanitaires du XIXe siècle, des vignes européennes ont été croisées avec différentes espèces américaines et asiatiques afin d’introduire une meilleure résistance au mildiou, à l’oïdium, au froid ou au phylloxéra.
Ces anciens hybrides peuvent être très robustes, précoces et productifs. Certains possèdent toutefois des grains plus petits, une peau plus épaisse ou des arômes particuliers de fraise, de bonbon ou de fruits sauvages qui les éloignent du profil classique des raisins européens.
Ces parfums ne constituent pas nécessairement un défaut. Ils peuvent être très appréciés en consommation familiale, mais il faut les décrire honnêtement afin que le client ne s’attende pas au goût d’un muscat traditionnel.
Les variétés résistantes modernes
Les programmes modernes cherchent à conserver une proportion élevée de patrimoine de Vitis vinifera tout en introduisant des facteurs de résistance provenant d’autres espèces de vigne.
Les sélections les plus réussies donnent aujourd’hui de gros raisins de table, parfois sans pépins, avec des saveurs proches des cépages européens et une forte réduction de la sensibilité au mildiou ou à l’oïdium.
Le niveau de résistance reste cependant propre à chaque variété. Une vigne peut être très résistante au mildiou, moyennement résistante à l’oïdium et sensible au black rot ou à la pourriture grise.
Pourquoi a-t-on croisé les différentes espèces de vigne ?
L’objectif des croisements n’était pas seulement de créer de nouveaux goûts ou de nouvelles couleurs. Les sélectionneurs cherchaient surtout à résoudre plusieurs faiblesses de la vigne européenne.
Introduire une résistance au mildiou et à l’oïdium
Plusieurs espèces américaines et asiatiques ont évolué en présence des agents responsables du mildiou et de l’oïdium. Elles possèdent des mécanismes de défense absents ou rares chez les cépages européens.
Les croisements permettent de transférer ces mécanismes dans des variétés dont les raisins restent agréables à manger et dont la croissance demeure adaptée à la culture européenne.
Améliorer la rusticité hivernale
Certaines espèces comme Vitis amurensis ou plusieurs vignes nord-américaines supportent des hivers beaucoup plus froids que la majorité des cépages méditerranéens.
Cette rusticité est particulièrement utile dans les régions continentales, mais elle ne garantit pas à elle seule une maturité précoce ni une bonne résistance aux maladies des grappes.
Créer des raisins de table plus simples à cultiver
Les programmes recherchent aussi des grappes moins compactes, une peau résistante aux fissures, une bonne tenue après récolte, des grains plus gros et une fertilité régulière.
La résistance aux maladies n’est donc qu’un critère parmi d’autres. Une variété très résistante mais fade, trop tardive ou couverte de pépins ne répondrait pas aux attentes du jardinier recherchant un bon raisin de table.
Une variété résistante n’est pas une vigne immunisée
Les facteurs de résistance au mildiou sont généralement désignés par le sigle Rpv. Ceux qui concernent l’oïdium sont appelés Run ou Ren. Une variété peut posséder un ou plusieurs de ces facteurs.
Le cumul de plusieurs résistances, parfois appelé pyramidage, vise à rendre leur contournement plus difficile. Il ne rend pas pour autant la plante invulnérable dans toutes les conditions.
Une attaque peut apparaître lorsque la pression de maladie est exceptionnellement forte, lorsque la résistance agit surtout sur les feuilles mais moins sur les grappes ou lorsqu’une population du pathogène parvient à contourner un facteur génétique.
Les variétés résistantes doivent donc être observées. Leur principal intérêt est de réduire fortement le besoin d’intervention et d’offrir une sécurité supérieure dans un jardin, pas de garantir l’absence absolue de toute tache.
Il faut aussi continuer à retirer les grappes pourries, éclaircir la végétation et éviter les excès de vigueur. La génétique ne remplace pas un emplacement et une conduite adaptés.
Mildiou et oïdium ne se développent pas de la même manière
Le mildiou
Le mildiou de la vigne est provoqué par Plasmopara viticola. Il infecte les organes verts lorsque les conditions associent humidité, températures favorables et présence d’eau sur les tissus.
Les feuilles présentent souvent des taches jaunâtres ou huileuses, puis un duvet blanc peut apparaître sur leur face inférieure. Les jeunes grappes peuvent également être atteintes et se dessécher.
Une forte attaque réduit la surface foliaire et empêche la vigne d’alimenter ou de faire mûrir correctement ses raisins. Une variété qui conserve son feuillage sain possède donc un avantage direct dans une région humide.
L’oïdium
L’oïdium, provoqué par Erysiphe necator, forme un feutrage gris-blanc sur les feuilles, les pousses et les baies. Il n’a pas besoin d’une pluie directe pour se développer et peut être sévère pendant des périodes chaudes et couvertes.
Les baies atteintes précocement cessent de croître correctement. Plus tard, leur peau peut se fissurer lorsque la pulpe continue à grossir, ce qui ouvre la voie aux pourritures.
Une variété résistante au mildiou mais sensible à l’oïdium peut donc rester difficile à cultiver sans surveillance. Les deux comportements doivent être indiqués séparément.
Black rot et pourriture grise restent importants
Le black rot peut atteindre les feuilles, les rameaux et surtout les jeunes baies. Les fruits se dessèchent ensuite en petites momies noires qui restent parfois attachées à la grappe.
Une variété décrite comme résistante au mildiou et à l’oïdium peut rester sensible au black rot. Cette maladie est particulièrement à surveiller lorsque des grappes ou des baies momifiées restent dans la vigne d’une année à l’autre.
La pourriture grise, provoquée par Botrytis cinerea, dépend fortement de la structure de la grappe. Une grappe très compacte retient l’humidité, limite l’aération et crée des blessures lorsque les grains se compriment les uns contre les autres.
Les grappes aérées, les peaux suffisamment résistantes et la faible sensibilité à l’éclatement sont donc des caractères importants sous climat humide, même chez une variété possédant des gènes de résistance au mildiou et à l’oïdium.
La précocité est le premier critère dans le nord de la France
La vigne supporte généralement assez bien les hivers du nord de la France lorsque son bois a correctement mûri. Le principal obstacle est plus souvent la capacité des grappes à atteindre leur pleine maturité avant la baisse des températures et de la lumière.
Une variété précoce accumule ses sucres et perd une partie de son acidité pendant la période la plus chaude de l’été. Elle est également récoltée avant les pluies et les brouillards les plus fréquents de l’automne.
Les cépages très tardifs peuvent colorer normalement tout en restant acides et peu parfumés. La couleur des baies ne garantit pas que leur maturation soit terminée.
Dans une région fraîche, il est souvent préférable d’associer plusieurs variétés précoces et de saison plutôt que de choisir un cultivar très tardif uniquement pour prolonger artificiellement la récolte.
Voir le calendrier de récolte des raisins
Les dates servent à comparer les variétés entre elles. Elles dépendent de la région, de l’exposition, du porte-greffe, de la charge de la vigne et des températures de l’année.
Le raisin ne mûrit plus réellement après la cueillette
Le raisin est un fruit non climactérique. Contrairement à une poire ou à un kiwi, il ne poursuit pas une véritable maturation lui permettant d’accumuler davantage de sucre après la récolte.
Un raisin cueilli trop tôt peut perdre un peu d’acidité ou ramollir pendant le stockage, mais il ne développera pas la richesse, le parfum et l’équilibre d’une grappe laissée suffisamment longtemps sur la vigne.
Il faut donc attendre que les baies soient agréables à la dégustation. La coloration de la peau, à elle seule, est insuffisante.
Goûtez plusieurs grains situés dans différentes parties de la grappe. Les grains placés vers l’extrémité ou à l’intérieur peuvent être moins avancés que ceux exposés à la lumière.
Raisin blanc, rose, rouge ou noir : la couleur ne décrit pas le goût
La couleur de la peau dépend principalement des pigments présents dans l’épiderme. Elle ne permet pas de prévoir la quantité de sucre, l’épaisseur de la peau ou la force du parfum.
Un raisin blanc peut être très aromatique et muscaté, tandis qu’un raisin noir peut présenter un goût doux et relativement neutre. Deux variétés ayant une couleur identique peuvent donc offrir des expériences totalement différentes.
Les raisins très colorés doivent recevoir assez de lumière pour développer leur teinte caractéristique. Une végétation trop dense produit parfois des baies pâles, mais surtout moins sucrées et moins parfumées.
Une exposition brutale de grappes jusque-là ombragées peut toutefois provoquer des brûlures pendant une période chaude. L’effeuillage doit rester progressif et modéré.
Saveur muscatée, neutre ou parfumée de fraise
Les raisins muscatés
Le parfum muscaté est floral, frais et immédiatement reconnaissable. Il peut être présent dans des raisins blancs, roses ou noirs.
Son intensité dépend du cultivar, mais également de la maturité. Un muscat cueilli trop tôt peut rester croquant et sucré sans avoir développé son véritable parfum.
Les raisins à saveur neutre
Une saveur dite neutre n’est pas nécessairement fade. Les meilleures variétés offrent un bon équilibre entre sucre, acidité, jutosité et texture sans posséder un parfum muscaté dominant.
Elles sont souvent appréciées pour une consommation quotidienne et s’accordent bien avec une peau fine et des pépins peu gênants.
Les parfums particuliers des hybrides
Certaines variétés interspécifiques présentent des arômes rappelant la fraise, les fruits rouges, le bonbon ou les fruits sauvages.
Ces parfums sont issus de leur parenté et restent présents même lorsque le raisin est parfaitement mûr. Ils ne doivent pas être confondus avec un défaut de conservation ou une fermentation.
Raisins avec ou sans pépins ?
Les variétés avec pépins
Les raisins avec pépins offrent souvent de gros grains, une bonne fertilité naturelle et des saveurs très marquées. La présence de pépins peut toutefois gêner les personnes recherchant un fruit à grignoter directement.
Le nombre et la taille des pépins varient. Certaines variétés n’en possèdent qu’un ou deux relativement petits, tandis que d’autres comportent plusieurs graines plus dures.
Les variétés sans pépins
La majorité des raisins de table sans pépins est sténospermocarpique. La pollinisation et la fécondation ont normalement lieu, puis l’embryon et la graine interrompent précocement leur développement.
Il reste parfois dans la baie de petits rudiments souples ou légèrement perceptibles. L’expression « sans pépins » ne garantit donc pas l’absence complète de toute trace de graine.
Les variétés apyrènes donnent souvent des grains naturellement moins gros que les variétés avec pépins. Les très gros raisins sans pépins du commerce peuvent avoir reçu des pratiques culturales spécifiques qui ne sont pas nécessaires ni toujours accessibles dans un jardin.
Une seule vigne peut généralement produire
La grande majorité des cépages cultivés possède des fleurs hermaphrodites contenant des organes mâles et femelles fonctionnels. Une seule vigne peut donc généralement produire des grappes sans qu’un second cultivar soit nécessaire.
Planter deux variétés n’est toutefois pas inutile. Cela permet d’étaler les récoltes et de comparer plusieurs saveurs, mais l’amélioration de la pollinisation n’est pas le principal objectif.
Quelques espèces sauvages ou anciens cultivars possèdent des fleurs femelles et demandent un pollinisateur. Ces cas doivent être clairement signalés sur la fiche de la variété.
Les raisins sans pépins ne nécessitent pas davantage un arbre pollinisateur. Leur absence de graines résulte généralement d’un avortement après fécondation et non d’une absence de pollinisation.
Pourquoi certaines grappes comportent-elles des grains de tailles différentes ?
La floraison de la vigne se déroule sur une période assez courte et reste sensible aux conditions météorologiques. Un temps froid, pluvieux, très couvert ou excessivement chaud peut perturber la fécondation.
La coulure correspond à la chute d’une partie des fleurs ou des très jeunes baies après une mauvaise nouaison. La grappe devient alors moins remplie.
Le millerandage produit une grappe comportant des baies de tailles différentes. Certains petits grains restent sans graines ou mûrissent de manière décalée.
Ces phénomènes dépendent du cultivar, du climat, mais aussi de l’équilibre de la vigne. Une végétation excessivement vigoureuse concurrence les inflorescences et peut accentuer les difficultés de nouaison.
Le porte-greffe protège d’abord contre le phylloxéra
Le phylloxéra est un insecte qui attaque les racines de la vigne européenne. Son introduction au XIXe siècle a provoqué la destruction d’une grande partie du vignoble européen.
Le greffage des cépages de Vitis vinifera sur des porte-greffes issus d’espèces américaines résistantes a permis de reconstituer les vignobles. La partie aérienne continue de produire le raisin du cultivar choisi, tandis que le porte-greffe forme le système racinaire.
Une vigne européenne plantée sur ses propres racines peut sembler pousser normalement pendant plusieurs années avant de décliner sous la pression du phylloxéra. Pour une plantation durable, le plant greffé reste donc la solution de référence.
Le porte-greffe agit également sur la vigueur, la précocité, l’alimentation en eau, la tolérance au calcaire et parfois la compacité ou le calibre des grappes.
Quel porte-greffe choisir pour une vigne ?
Le choix doit être réalisé à partir d’une analyse du sol, et non selon l’idée qu’un porte-greffe serait universellement meilleur. Le taux de calcaire actif, la profondeur, l’humidité et le risque de sécheresse sont plus importants que le seul aspect de la terre en surface.
101-14 MGt
Le 101-14 MGt confère une vigueur limitée et peut favoriser une maturité relativement précoce. Il convient aux terres profondes, fraîches, argileuses et peu ou pas calcaires.
Il est sensible à la sécheresse et à la chlorose calcaire. Il devient donc risqué dans un sol sec, superficiel ou contenant beaucoup de calcaire actif.
Dans une bonne terre non calcaire du nord de la France, son effet modérateur sur la vigueur peut être intéressant pour éviter une végétation trop envahissante.
3309 Couderc
Le 3309 C confère généralement une vigueur faible à moyenne et un développement assez équilibré. Il convient aux sols profonds, sablo-argileux ou limono-argileux, peu calcaires.
Il supporte mal les fortes sécheresses, mais également les excès durables d’humidité. Il n’est donc pas le meilleur choix pour un terrain superficiel ou une zone où l’eau stagne.
Sa vigueur raisonnable peut être intéressante pour obtenir une bonne qualité de maturation, à condition que le sol lui corresponde.
SO4
Le SO4 est largement utilisé et convient notamment à de nombreux sols de plaine, sablonneux ou argilo-calcaires modérément fertiles.
Il n’est pas adapté aux terrains extrêmement secs, très chlorosants ou fortement compactés. Il peut également favoriser certaines carences en magnésium et le dessèchement de la rafle lorsque les conditions lui sont défavorables.
Il constitue un choix fréquent, mais son utilisation ne dispense donc pas d’observer la texture et la teneur en calcaire du terrain.
Gravesac
Gravesac se comporte particulièrement bien dans les sols acides et accepte des excès temporaires d’humidité au printemps. Il convient également aux terres sableuses ou graveleuses.
Sa tolérance au calcaire reste faible. Il ne doit donc pas être utilisé pour résoudre un problème de chlorose dans un terrain alcalin.
La vigueur conférée est moyenne à forte, ce qui demande de conserver une taille et une charge correctement équilibrées.
Fercal
Fercal est particulièrement intéressant dans les sols contenant beaucoup de calcaire actif. Il possède l’une des meilleures résistances à la chlorose parmi les porte-greffes courants.
Il tolère assez bien l’humidité printanière et présente une résistance moyenne à bonne à la sécheresse lorsque son enracinement peut descendre suffisamment profondément.
Il peut toutefois induire une vigueur modérée à forte et favoriser des carences en magnésium. Dans un climat frais, il faut éviter que cette vigueur supplémentaire ne retarde la maturation par une végétation trop dense.
41 B
Le 41 B possède lui aussi une excellente tolérance au calcaire et à la chlorose. Il est traditionnellement utilisé dans les terrains calcaires difficiles.
Il peut toutefois retarder la maturité et favoriser des grappes plus compactes. Ces caractéristiques méritent une attention particulière pour un raisin de table cultivé sous climat frais et humide.
Il est également sensible aux excès d’eau comme aux stress hydriques importants. Son intérêt est donc surtout lié à une contrainte calcaire réellement identifiée.
110 Richter et porte-greffes vigoureux de terrain sec
Le 110 R est très bien adapté aux terrains secs, maigres, caillouteux et correctement drainés. Il confère une forte vigueur et tend à retarder le cycle végétatif et la maturité.
Il se montre très sensible aux excès d’humidité. Dans une terre riche ou fraîche du nord de la France, il peut donc produire trop de végétation et retarder inutilement les raisins.
Il doit être réservé aux situations dans lesquelles sa résistance à la sécheresse constitue un véritable avantage.
Le porte-greffe ne sert pas simplement à réduire ou augmenter la taille
La vigne ne possède pas une gamme de porte-greffes nains comparable à celle du pommier. Tous les porte-greffes demandent une taille annuelle et un support solide.
Une vigueur faible ou moyenne peut néanmoins faciliter la maîtrise de la végétation et avancer la maturité. À l’inverse, un porte-greffe vigoureux peut être nécessaire dans un terrain pauvre ou sec.
Un porte-greffe trop vigoureux dans une terre fertile produit de longues pousses, beaucoup d’ombre et des grappes qui mûrissent plus lentement. Il augmente aussi l’humidité à l’intérieur du feuillage.
Le bon porte-greffe est donc celui qui équilibre la variété dans le sol concerné, et non celui qui pousse le plus fort.
Où planter une vigne dans le Nord ?
Choisissez une situation ensoleillée, suffisamment chaude et bien ventilée. La lumière doit atteindre les feuilles et les grappes pendant une grande partie de la journée.
Une pente légère ou une situation surélevée est préférable à une cuvette dans laquelle l’air froid et l’humidité stagnent.
Un mur exposé au sud ou au sud-ouest peut augmenter la chaleur reçue et permettre la maturation de variétés plus exigeantes. Il faut toutefois conserver assez d’espace entre le feuillage et le mur pour que l’air circule.
Une vigne enfermée sous un auvent humide ou dans un angle sans ventilation peut subir davantage d’oïdium et de pourriture, malgré la chaleur accumulée.
Dans les situations les plus fraîches, les variétés tardives doivent être réservées aux murs bien exposés, tandis que les variétés précoces peuvent produire sur un palissage ouvert.
Quel sol convient à la vigne ?
La vigne peut s’adapter à de nombreux sols grâce au choix du porte-greffe, mais elle supporte mal une asphyxie racinaire prolongée.
Une terre profonde permet aux racines de trouver de l’eau pendant l’été. Une terre trop riche en azote provoque toutefois une croissance excessive au détriment de la maturation.
Le calcaire actif peut provoquer une chlorose ferrique caractérisée par des feuilles jaunes dont les nervures restent plus vertes. Dans ce cas, ajouter du fer sans corriger le choix du porte-greffe ne résout souvent que temporairement le problème.
Avant une plantation importante, une analyse du pH et du calcaire actif est beaucoup plus utile que la simple observation de cailloux blancs ou de la couleur du sol.
La vigne demande un support solide
Une vigne adulte produit chaque année plusieurs mètres de pousses et peut porter une quantité importante de grappes. Un simple tuteur ne suffit que pendant la formation initiale.
Le palissage vertical
Une ou plusieurs branches permanentes sont conduites horizontalement sur des fils, tandis que les pousses fructifères se développent verticalement.
Cette forme facilite l’aération, la taille, l’effeuillage et la récolte. Elle convient particulièrement aux jardins du nord de la France où la lumière et le séchage du feuillage sont prioritaires.
La pergola
La pergola crée de l’ombre et valorise la vigueur naturelle de la vigne. Elle peut porter une récolte importante lorsque les pousses sont correctement espacées.
Une végétation trop épaisse forme toutefois un plafond sombre et humide. Les raisins restent moins sucrés, les maladies deviennent plus difficiles à surveiller et la récolte peut être trop haute.
La conduite contre un mur
Un espalier permet d’utiliser la chaleur du mur tout en maintenant les grappes accessibles. Les branches doivent rester suffisamment éloignées de la maçonnerie pour éviter l’accumulation d’humidité.
Cette forme est particulièrement intéressante pour les variétés exigeant davantage de chaleur, mais elle demande une taille et un attachage réguliers.
La vigne fructifie sur les pousses issues du bois de l’année précédente
Les grappes apparaissent sur les nouvelles pousses qui se développent au printemps à partir de bourgeons portés par les sarments formés l’année précédente.
Le vieux bois forme la structure de la vigne, mais il ne porte pas directement les grappes. Chaque hiver, il faut donc conserver une quantité calculée de bois d’un an et supprimer la majorité des autres sarments.
Une vigne non taillée produit progressivement beaucoup de petites pousses, de l’ombre et des grappes éloignées ou difficiles à récolter.
À l’inverse, une taille supprimant tous les sarments d’un an éliminerait les bourgeons qui devaient donner la future récolte.
Taille courte ou taille longue ?
La taille courte sur coursons
La taille courte conserve des coursons portant généralement deux ou trois bourgeons. Elle convient aux variétés dont les bourgeons situés à la base du sarment sont suffisamment fertiles.
Elle permet une structure permanente simple et une taille relativement rapide. Elle ne doit toutefois pas être appliquée aveuglément à tous les cépages.
La taille longue de type Guyot
La taille longue conserve un ou plusieurs sarments portant davantage de bourgeons, accompagnés de coursons destinés au renouvellement.
Elle convient mieux aux variétés dont les premiers bourgeons sont peu fertiles. Une taille trop courte sur ces cultivars peut produire beaucoup de végétation sans grappes.
Lorsque la fertilité des bourgeons de base est inconnue, la taille longue constitue généralement le choix le plus prudent. Il est ensuite possible de comparer les résultats et de simplifier progressivement la conduite.
Il faut supprimer une grande partie du bois chaque hiver
La vigueur naturelle de la vigne surprend souvent. Une taille correcte retire généralement la majorité des sarments produits pendant l’année précédente.
Cette intervention n’affaiblit pas une vigne saine. Elle concentre au contraire sa croissance sur un nombre raisonnable de pousses et de grappes.
Une taille trop légère produit beaucoup de bourgeons, puis de nombreuses pousses faibles et des petites grappes. Elle rend également l’intérieur de la végétation presque impossible à aérer.
La quantité de bois conservée doit être adaptée à la vigueur. Une vigne faible ne doit pas porter autant de bourgeons qu’une vigne ayant produit de longs sarments bien aoûtés.
Les travaux en vert déterminent la qualité du raisin
Au printemps, plusieurs pousses peuvent sortir du même point ou apparaître sur le tronc. Les pousses inutiles sont retirées lorsqu’elles sont encore tendres afin de conserver une végétation régulièrement espacée.
Les pousses conservées sont attachées au support avant qu’elles ne se cassent sous l’effet du vent ou du poids des grappes.
Les entre-cœurs trop nombreux peuvent être raccourcis, mais il faut conserver une surface foliaire suffisante pour alimenter les fruits.
Un effeuillage léger autour des grappes améliore l’aération et facilite la récolte. Il doit rester progressif et ne pas exposer brutalement toutes les baies au soleil.
Limiter le nombre de grappes dans les situations fraîches
Une vigne peut former davantage de grappes qu’elle ne peut en faire mûrir correctement. Le problème est particulièrement fréquent sur les jeunes plants et les variétés très fertiles.
Une surcharge retarde la maturation, réduit la teneur en sucre, maintient une acidité élevée et empêche les sarments de s’aoûter correctement avant l’hiver.
Les grappes petites, tardives ou portées par une pousse faible peuvent être supprimées après la nouaison. Les grappes restantes recevront davantage de lumière et de ressources.
Dans un climat frais, une récolte raisonnable de grappes mûres est préférable à une abondance de raisins acides que l’automne ne permettra pas de terminer.
L’excès d’azote est souvent plus gênant que le manque d’engrais
Une vigne très nourrie produit de longues pousses, de grandes feuilles et une végétation difficile à contenir. Cette apparence vigoureuse ne garantit pas une meilleure récolte.
L’ombre à l’intérieur du feuillage retarde la maturité et favorise une humidité prolongée autour des grappes. Les tissus tendres sont également plus sensibles à certaines maladies.
Dans un jardin normalement fertile, les apports d’engrais doivent donc rester mesurés. La longueur des sarments, la couleur du feuillage et la maturité du bois renseignent davantage que la recherche de la croissance maximale.
Lorsqu’une vigne pousse énormément sans produire, il faut examiner la taille, l’exposition et la fertilité des bourgeons avant d’ajouter un nouvel engrais.
L’eau doit rester régulière pendant le grossissement
Une vigne adulte correctement enracinée supporte une certaine sécheresse, mais le raisin de table possède des besoins plus élevés lorsqu’on recherche de gros grains juteux.
Une sécheresse importante réduit le calibre et peut bloquer temporairement la maturation. Un apport d’eau brutal après cette période augmente ensuite le risque de fissuration chez les variétés sensibles.
Les jeunes plants doivent être arrosés pendant leur installation. Les arrosages profonds et espacés sont préférables à de petites quantités mouillant seulement la surface.
Il faut éviter de mouiller régulièrement le feuillage et les grappes, notamment en fin de journée, car cela prolonge les conditions favorables aux maladies.
Pourquoi les grains éclatent-ils avant la récolte ?
L’éclatement survient souvent après une pluie importante ou un arrosage abondant lorsque les grains étaient soumis à une période plus sèche.
La baie absorbe rapidement de l’eau, sa pulpe augmente de volume et la peau ne parvient pas toujours à suivre cette expansion.
La sensibilité dépend fortement de la variété. Les gros grains à peau fine et les grappes compactes peuvent être particulièrement exposés.
Les fissures favorisent ensuite la pourriture grise, les pourritures acides, les guêpes et différents microorganismes.
Une alimentation en eau régulière, une charge équilibrée et le choix d’une variété à bonne tenue sous la pluie sont les principales mesures préventives.
Comment reconnaître un raisin mûr ?
Un raisin mûr doit être évalué par la dégustation. Le sucre doit être suffisamment élevé, mais l’acidité et le parfum sont tout aussi importants.
La peau atteint la couleur propre à la variété et les pépins des variétés grainées deviennent généralement bruns et plus durs. La rafle commence parfois à perdre son aspect très herbacé.
Chez certains raisins blancs, les baies prennent une teinte jaune ou ambrée du côté du soleil. Chez d’autres, elles restent vertes même à maturité.
Une baie qui se colore mais conserve un goût végétal ou fortement acide doit rester sur la vigne. Elle ne deviendra pas réellement plus sucrée après avoir été coupée.
Récolter et conserver les grappes
Coupez les grappes avec un sécateur en conservant une portion de pédoncule. Tirer sur la grappe peut arracher des grains ou blesser le sarment.
Récoltez lorsque les baies sont sèches. Les grappes mouillées se conservent moins bien et développent plus facilement des pourritures.
Les raisins destinés au stockage doivent être parfaitement sains, sans grains éclatés, écrasés ou atteints par le botrytis.
Les grappes se conservent mieux au frais dans un emballage ou un récipient aéré. Elles doivent rester peu empilées afin de ne pas écraser les baies inférieures.
La durée de conservation varie fortement selon les cultivars. Les raisins à peau fine et chair très juteuse sont souvent destinés à être consommés rapidement.
Quelle vigne choisir selon son objectif ?
Pour récolter dans le nord de la France
Privilégiez une variété précoce ou de saison, résistante au mildiou et possédant une bonne tenue face à l’oïdium et aux pourritures.
Pour cultiver avec très peu d’interventions
Choisissez une variété interspécifique dont les résistances au mildiou et à l’oïdium sont clairement documentées. Vérifiez également le comportement face au black rot et à la pourriture grise.
Pour obtenir une saveur classique de raisin européen
Choisissez un cépage de Vitis vinifera ou une variété résistante moderne dont la saveur reste proche de ce groupe. Acceptez une protection éventuellement plus exigeante chez les variétés traditionnelles sensibles.
Pour un parfum très marqué
Recherchez une variété muscatée ou un hybride présentant des arômes de fraise et de fruits sauvages. Ces deux profils sont très différents et doivent être choisis selon les goûts.
Pour manger les raisins sans pépins
Choisissez une variété apyrène suffisamment précoce pour votre climat. Vérifiez le calibre naturel des baies et la présence éventuelle de rudiments de pépins.
Pour couvrir une pergola
Une variété vigoureuse peut être intéressante, à condition de rester suffisamment précoce et résistante aux maladies. Il faudra éclaircir régulièrement la végétation pour éviter un couvert trop sombre.
Pour un sol calcaire
Le choix du porte-greffe devient prioritaire. Fercal ou 41 B peuvent sécuriser les situations chlorosantes, tandis que 101-14 MGt, Gravesac et 3309 C sont mal adaptés à de fortes teneurs en calcaire actif.
Questions fréquentes sur les vignes
Peut-on cultiver du raisin dans le nord de la France ?
Oui. Il faut choisir une variété suffisamment précoce, bien exposée et adaptée à la pression des maladies. Une variété tardive peut survivre parfaitement à l’hiver sans parvenir à mûrir correctement.
Faut-il planter deux vignes pour obtenir du raisin ?
Non dans la grande majorité des cas. Les cépages cultivés possèdent généralement des fleurs hermaphrodites et sont capables de se féconder seuls.
Une vigne sans pépins a-t-elle besoin d’un pollinisateur ?
Non. Chez la majorité des variétés apyrènes, la fécondation a lieu puis la graine avorte précocement. L’absence de pépins ne signifie pas une absence de pollinisation.
Une variété résistante n’a-t-elle jamais besoin de traitement ?
La résistance réduit fortement le risque, mais ne protège pas nécessairement contre toutes les maladies ni contre toutes les souches de mildiou et d’oïdium. La vigne doit continuer à être observée.
Pourquoi ma vigne pousse-t-elle beaucoup sans donner de grappes ?
La taille peut être trop courte pour une variété dont les bourgeons de base sont peu fertiles. Un excès d’azote, un manque de lumière ou une taille supprimant le bon bois peuvent aussi être en cause.
Pourquoi mes raisins restent-ils acides ?
La variété peut être trop tardive, la vigne trop chargée ou l’exposition insuffisamment ensoleillée. Une végétation trop dense et un porte-greffe excessivement vigoureux retardent également la maturité.
Les raisins continuent-ils à mûrir après la récolte ?
Non. Ils peuvent légèrement ramollir, mais n’accumulent plus réellement de sucre. Une grappe cueillie trop tôt restera moins savoureuse.
Pourquoi les grains d’une grappe n’ont-ils pas tous la même taille ?
Il peut s’agir de millerandage, provoqué par une fécondation incomplète ou des conditions défavorables pendant la floraison.
Pourquoi les grappes pourrissent-elles avant d’être mûres ?
Une grappe compacte, des grains fissurés, un feuillage trop dense et une humidité prolongée favorisent le botrytis et les pourritures acides.
Quel porte-greffe choisir dans une terre calcaire ?
Fercal et 41 B figurent parmi les porte-greffes les plus tolérants à la chlorose calcaire. Le choix précis doit tenir compte du calcaire actif, de l’humidité, de la vigueur recherchée et du climat.
Peut-on laisser pousser une vigne sans la tailler ?
Elle survivra, mais formera une végétation très dense et des grappes petites ou difficiles à faire mûrir. Une taille annuelle est indispensable pour renouveler correctement le bois fructifère.
Faut-il tailler une vigne courte ou longue ?
Cela dépend de la fertilité des bourgeons situés à la base des sarments. Lorsque cette information est inconnue, une taille longue est généralement plus sûre.
Le mur exposé au sud est-il toujours le meilleur emplacement ?
Il améliore la chaleur et la maturité, mais une mauvaise circulation de l’air peut favoriser les maladies. La vigne ne doit pas être comprimée directement contre le mur.










