Figuier
Figuier
Figuier
Figuier
Figuier
Figuier
Figuier
Figuier
Figuier
Réussir d’abord l’emplacement et la plantation du figuier
Le figuier est souvent décrit comme un arbre capable de pousser presque partout. Cette réputation concerne surtout la survie d’un sujet adulte. Pour obtenir régulièrement des figues mûres dans une région fraîche, l’emplacement, la précocité de la variété et la qualité de l’installation sont déterminants.
Choisissez une situation très lumineuse, chaude, protégée des vents froids et située hors des cuvettes dans lesquelles l’air froid s’accumule. Un mur exposé au sud, au sud-est ou au sud-ouest améliore la maturation et protège les jeunes rameaux portant les futures figues-fleurs.
Dans le nord de la France, nous conseillons de planter les figuiers cultivés en pot au printemps. Lorsqu’un plant est déjà feuillé, attendez que le principal risque de gelées tardives soit passé avant de l’installer définitivement.
Préparez une zone suffisamment large, débarrassée des herbes vivaces, ameublie et correctement émiettée. Une terre ressuyée et réchauffée permet aux jeunes racines de quitter rapidement la motte.
Maintenez ensuite le pied désherbé et surveillez l’humidité pendant toute la première année. Arrosez dès que les précipitations ne suffisent pas, même plusieurs mois après la plantation.
La rusticité annoncée pour une variété correspond généralement à un figuier adulte, bien enraciné, dormant et exposé à un froid limité dans le temps. Un jeune plant récemment sorti de son pot peut être endommagé à une température nettement moins basse.
Un jeune figuier est plus sensible au froid qu’un arbre installé
Un jeune figuier possède peu de vieux bois, des réserves limitées et un système racinaire encore concentré dans le volume de l’ancienne motte. Une gelée peut donc atteindre rapidement l’ensemble de sa structure.
Les pousses produites tardivement sont particulièrement vulnérables. Leur bois encore vert et riche en eau résiste beaucoup moins bien qu’une branche correctement aoûtée.
Un arbre adulte peut perdre ses extrémités, voire une partie de ses branches, puis repartir depuis sa charpente ou sa base. Sur un jeune plant, le même épisode peut détruire toute la partie aérienne.
La durée du froid, le vent, l’humidité du sol et l’acclimatation préalable comptent autant que la température minimale. Un gel bref après plusieurs semaines fraîches est généralement moins dommageable qu’une chute brutale de température après une période douce.
Les premières années doivent donc être considérées comme une phase d’installation. Une protection temporaire du tronc et de la base peut être utile pendant les épisodes les plus froids, même pour une variété réputée rustique.
La survie de l’arbre ne garantit pas la maturité des figues
Un figuier peut traverser l’hiver sans dommage et produire chaque année des fruits qui ne disposent pas d’assez de chaleur pour mûrir.
Dans une région septentrionale, la précocité est souvent plus importante que la température minimale supportée par le vieux bois. Une variété très rustique mais tardive peut rester chargée de figues vertes à l’arrivée de l’automne.
La dernière phase de maturation est rapide mais exigeante. Le fruit grossit, se ramollit et accumule une grande partie de ses sucres et de ses arômes pendant les derniers jours.
Une période froide, humide ou peu lumineuse peut interrompre cette évolution. Le fruit peut sembler grossir et changer légèrement de couleur sans développer la concentration et le parfum obtenus pendant une fin d’été chaude.
Pour le Nord, privilégiez donc des variétés dont la récolte principale commence tôt ou dont les figues-fleurs mûrissent régulièrement dans un emplacement protégé.
Une figue n’est pas un fruit ordinaire
La figue est un sycone, c’est-à-dire un réceptacle charnu refermé sur lui-même. Les véritables fleurs se trouvent à l’intérieur et ne sont pas visibles depuis l’extérieur.
Les petites structures croquantes que l’on appelle couramment les graines correspondent aux fruits individuels formés par ces fleurs ou, chez les figues parthénocarpiques non pollinisées, à des ovaires restés stériles.
L’ouverture située à l’extrémité opposée au pédoncule est appelée ostiole ou œil. Sa forme, sa largeur et sa fermeture varient selon les cultivars.
Un ostiole étroit ou fermé limite généralement l’entrée de l’eau, des insectes et des microorganismes. Ce caractère possède une véritable importance sous un climat humide.
Certaines variétés produisent à maturité une goutte de nectar épais au niveau de l’œil. Elle ne correspond pas nécessairement à une maladie et peut contribuer à fermer temporairement l’ouverture.
La plupart des figuiers de jardin n’ont besoin d’aucun pollinisateur
Les variétés les plus adaptées aux jardins du nord de la France appartiennent au type commun. Elles développent leurs figues par parthénocarpie, sans fécondation et sans intervention d’un figuier mâle.
Le terme « autofertile » est souvent employé dans les catalogues, mais il est techniquement approximatif. La fleur ne se féconde pas elle-même : le fruit se développe sans fécondation.
Un seul plant d’une variété de type commun peut donc produire. Planter deux cultivars permet d’élargir les saveurs et les périodes de maturité, mais n’est pas nécessaire pour assurer la pollinisation.
La présence de petites structures ressemblant à des graines dans la chair ne prouve pas que la figue a été pollinisée. Elles sont également présentes chez les types communs parthénocarpiques.
Lorsqu’un figuier commun ne produit pas, il faut rechercher en priorité son âge, le froid, la taille, la vigueur, la précocité de la variété, l’exposition et l’alimentation en eau plutôt qu’un manque de pollinisateur.
Caprifiguier, Smyrne et San Pedro : pourquoi certaines variétés sont inadaptées au Nord
Le caprifiguier
Le caprifiguier est couramment présenté comme le figuier mâle. Ses sycones abritent les fleurs mâles, le pollen et le cycle de la petite guêpe du figuier qui assure la caprification.
Ses fruits ne correspondent généralement pas aux figues charnues recherchées pour la consommation. Son rôle principal est de fournir le pollen aux variétés qui en dépendent.
Les figuiers de type Smyrne
Les figuiers de type Smyrne doivent être pollinisés par la guêpe du figuier avec du pollen provenant d’un caprifiguier. Sans caprification, les jeunes figues tombent avant leur maturité.
Ces variétés peuvent donner des fruits d’une grande qualité dans leurs régions traditionnelles, mais leur production ne doit pas être supposée dans un jardin où le caprifiguier et son insecte associé ne sont pas durablement présents.
Les figuiers de type San Pedro
Les variétés de type San Pedro peuvent produire leur première récolte sans pollinisation, mais leur récolte principale dépend généralement de la caprification.
Dans une région dépourvue de pollinisation fiable, elles risquent donc de donner quelques figues-fleurs puis de laisser tomber la seconde récolte.
Pour une plantation dans le nord de la France, privilégiez des variétés clairement identifiées comme appartenant au type commun et capables de faire mûrir leurs fruits sans caprification.
Figuier unifère ou bifère ?
Les variétés unifères
Une variété unifère produit principalement une seule récolte, généralement sur les pousses formées pendant l’année.
Cette récolte peut être très fiable dans le Nord lorsque le cultivar commence suffisamment tôt. Même si le froid endommage une partie du bois ancien, les nouvelles pousses peuvent encore former des fruits.
Une variété unifère tardive reste en revanche risquée, car ses fruits peuvent manquer de chaleur avant l’automne.
Les variétés bifères
Une variété bifère est génétiquement capable de produire une première récolte de figues-fleurs sur le bois de l’année précédente, puis une récolte principale sur les pousses de l’année.
Le mot bifère ne garantit pas que deux récoltes arriveront chaque année à maturité. La première peut être détruite par le froid et la seconde peut être trop tardive sous un climat frais.
Le comportement observé dépend donc de l’emplacement, de l’hiver, de la taille et de la longueur de la saison. Une variété décrite comme bifère dans le Midi peut ne donner régulièrement qu’une seule récolte dans le Nord.
La figue-fleur se forme sur le bois de l’année précédente
La figue-fleur, également appelée breba, commence son développement à la fin de la saison précédente. Elle passe l’hiver sous la forme d’un très petit fruit situé sur les rameaux d’un an.
Au printemps, ces figues recommencent à grossir et peuvent mûrir relativement tôt. Elles sont souvent plus grosses mais moins nombreuses que les figues de la récolte principale.
Cette première récolte dépend directement de la conservation du bois d’un an et des petits fruits embryonnaires. Une forte gelée, une taille sévère ou un rabattage annuel peuvent la supprimer entièrement.
Dans un emplacement chaud et protégé, les figues-fleurs peuvent constituer la récolte la plus régulière parce qu’elles disposent de toute la première partie de l’été pour mûrir.
Dans un emplacement où les branches gèlent souvent, il est plus prudent de compter sur une variété capable de former une récolte principale très précoce sur les nouvelles pousses.
La récolte principale se forme sur les nouvelles pousses
Les figues de la récolte principale apparaissent progressivement à l’aisselle des feuilles sur les pousses formées pendant l’année.
Les premiers fruits situés près de la base du rameau commencent généralement leur développement avant ceux placés vers son extrémité. La maturité s’échelonne donc naturellement.
Une variété précoce peut faire mûrir une grande partie de cette récolte pendant l’été. Chez une variété tardive, les derniers fruits resteront verts lorsque les températures diminueront.
Les figues déjà grosses mais encore dures à l’automne ne deviennent généralement pas la récolte précoce de l’année suivante. Elles finissent par tomber ou se dégrader pendant l’hiver.
Seuls les très petits fruits embryonnaires formés sur le bois d’un an sont susceptibles de devenir des figues-fleurs. Les gros fruits immatures peuvent être retirés après la fin de la saison.
Bifère ne signifie pas nécessairement plus productif
Une variété produisant théoriquement deux récoltes n’est pas automatiquement plus intéressante qu’une bonne variété unifère.
La première récolte peut être peu abondante ou de qualité inférieure à la seconde. Elle peut aussi disparaître après un hiver froid ou une taille ayant supprimé les extrémités fructifères.
La récolte principale d’une variété bifère peut être trop tardive dans une région fraîche. Le jardinier obtient alors quelques figues-fleurs puis de nombreux fruits qui ne mûrissent jamais.
Une variété unifère précoce, productive et résistante à la pluie peut finalement fournir beaucoup plus de fruits consommables.
Le choix doit donc porter sur la fiabilité de la ou des récoltes dans le climat concerné, et non sur la seule présence du mot bifère.
Quels critères comparer entre les variétés de figuiers ?
La précocité réelle
Dans le Nord, la date de maturité est le premier critère. Une variété précoce utilise la partie la plus chaude et lumineuse de la saison pour concentrer ses sucres.
Le type de fructification
Il faut savoir si la variété produit surtout des figues-fleurs, surtout une récolte principale ou les deux. Cette information détermine aussi la manière de tailler et de protéger le bois.
La fermeture de l’œil
Un ostiole étroit ou bien fermé réduit les risques d’entrée d’eau, d’insectes et de microorganismes. Ce caractère est particulièrement intéressant sous un climat pluvieux.
La tenue sous la pluie
Certaines figues éclatent ou commencent à fermenter rapidement après une période pluvieuse. D’autres possèdent une peau et une structure qui leur permettent de mieux conserver leur qualité.
Le calibre
Une grosse figue n’est pas nécessairement meilleure. Sous un climat frais, les fruits de calibre modéré mûrissent parfois plus rapidement et atteignent une concentration supérieure.
La texture de la peau
La peau peut être très fine, souple, épaisse ou légèrement résistante. Une peau fine est agréable à manger, mais peut devenir plus fragile sous la pluie et pendant la manipulation.
Le profil aromatique
Les figues peuvent présenter des saveurs dominées par le miel, le sucre, les fruits rouges, les baies, le melon ou des notes plus complexes et résineuses. La couleur extérieure ne permet pas de prévoir ce profil.
La couleur extérieure ne décrit ni la maturité ni la saveur
Il existe des figues vertes, jaunes, brunes, rouges, violettes, noires, rayées ou bicolores. Cette couleur est propre au cultivar et ne constitue pas un classement de qualité.
Une figue verte peut posséder une pulpe rouge foncé et un goût de fruits rouges très intense. Une figue noire peut avoir une chair ambrée ou une saveur plus douce et miellée.
Certaines variétés changent fortement de couleur pendant la maturation, tandis que d’autres restent presque identiques jusqu’au dernier moment.
La couleur doit donc être interprétée uniquement en fonction de la variété concernée. Une figue verte n’est pas nécessairement immature et une figue entièrement noire n’est pas automatiquement prête à être cueillie.
Choisir un emplacement réellement chaud dans le Nord
Le figuier produit mieux en plein soleil, avec une chaleur réfléchie par un mur ou un sol minéral et une protection contre les vents froids.
Une exposition sud ou sud-ouest accélère généralement la maturation. Une orientation sud-est reçoit le soleil plus tôt et peut permettre aux feuilles et aux fruits de sécher rapidement après la rosée.
Évitez le pied d’un mur sous une avancée de toiture lorsque la terre y reste constamment sèche. La chaleur du mur devient alors un avantage uniquement si l’alimentation en eau est suffisante.
Une légère pente est préférable à une zone basse. L’air froid doit pouvoir continuer à descendre sans être bloqué par un mur, une palissade pleine ou une haie très dense.
Dans un espace ouvert mais froid, choisissez une variété très précoce. Réservez les cultivars plus exigeants aux cours urbaines, façades chaudes et autres microclimats protégés.
Planter au printemps dans une terre préparée
La plantation printanière donne au figuier toute une saison pour former de nouvelles racines et préparer son premier hiver.
Pour un pot déjà feuillé, attendez la fin du principal risque de gel. Le jeune feuillage développé en pépinière ou sous abri peut être beaucoup plus tendre que celui d’un arbre acclimaté en pleine terre.
Travaillez une zone large plutôt qu’un trou étroit rempli de terreau. Les racines doivent pouvoir passer sans difficulté de la motte à la terre du jardin.
La terre doit être ressuyée et émiettée, sans être réduite en poussière. Dans un sol argileux humide, le travail forme des mottes et des parois lissées qui se compactent ensuite autour des racines.
Éliminez avant la plantation les herbes vivaces et leurs rhizomes. Le désherbage devient plus délicat après l’installation des racines superficielles du figuier.
Comment planter correctement un figuier en pot ?
Arrosez la motte avant de retirer le contenant. Elle doit être uniformément humide sans être saturée.
Si les racines tournent fortement autour de la motte, desserrez-les avec précaution afin de les orienter vers l’extérieur.
Placez le dessus de la motte au niveau du terrain. Une plantation trop profonde maintient la base des tiges humide et peut ralentir la reprise.
Rebouchez avec la terre préparée, tassez modérément puis arrosez abondamment pour établir le contact entre la motte et le sol environnant.
N’ajoutez pas de fumier frais ou d’engrais concentré directement contre les racines. Une croissance trop fortement stimulée produit des pousses tendres et plus sensibles au froid.
Dans une situation venteuse, un tuteur temporaire évite les mouvements répétés de la motte. Le lien doit rester souple et être contrôlé pendant la croissance.
Maintenir une zone désherbée autour du jeune plant
Le figuier adulte possède un système racinaire étendu, mais un jeune sujet récemment planté reste très sensible à la concurrence de l’herbe.
Maintenez une surface propre nettement plus large que le diamètre de l’ancien pot. Cette zone permet aux racines de progresser sans devoir concurrencer immédiatement les graminées.
Un paillage organique peut limiter l’évaporation et les nouvelles levées. Il doit rester légèrement éloigné des tiges pour ne pas maintenir l’écorce constamment humide.
Évitez de bêcher profondément au pied d’un figuier installé. Une part importante de ses racines actives se trouve près de la surface.
Arroser pendant toute la première saison si nécessaire
Un figuier est capable de supporter la sécheresse une fois bien enraciné, mais cette faculté ne s’applique pas à un plant dont les racines sont encore confinées dans son ancienne motte.
Surveillez l’humidité pendant toute la première année et pas seulement pendant les semaines suivant la plantation.
Les arrosages doivent humidifier la motte et la terre environnante en profondeur. De petites quantités déposées uniquement à la surface peuvent laisser le centre de la motte sec.
Le sol doit ensuite commencer à s’aérer entre les apports. Une terre continuellement saturée prive les racines d’oxygène et fragilise l’arbre.
Le besoin en eau augmente lorsque le figuier forme de grandes feuilles et porte une récolte. Une sécheresse importante peut provoquer une chute des feuilles ou des fruits et interrompre leur grossissement.
Le figuier tolère différents sols, mais pas l’eau stagnante
Le figuier peut s’adapter à des terres légères, caillouteuses, argileuses ou modérément calcaires, à condition que ses racines disposent d’oxygène.
Une terre profonde et fertile favorise une croissance très vigoureuse. Cette vigueur peut être utile dans un sol pauvre, mais devenir excessive lorsqu’on recherche un arbre compact et rapidement productif.
Un sol lourd n’est pas automatiquement incompatible avec le figuier. Il doit néanmoins permettre l’évacuation de l’eau pendant l’hiver.
Dans une zone constamment saturée, plantez sur une partie surélevée ou améliorez l’écoulement général. Une couche de gravier au fond d’un trou ne corrige pas un terrain dont l’ensemble reste imperméable.
Le figuier tolère souvent mieux le calcaire que le myrtillier, le châtaignier ou plusieurs porte-greffes de poirier. Une terre extrêmement chlorosante ou asphyxiante peut cependant limiter sa croissance.
Faut-il limiter les racines d’un figuier ?
La restriction racinaire est traditionnellement utilisée pour contenir la vigueur et favoriser la fructification, particulièrement dans les terres riches et les climats frais.
Elle peut être obtenue avec un grand contenant, une fosse partiellement délimitée ou un dispositif anti-racines laissant impérativement l’eau s’évacuer.
La limitation des racines ne doit pas être appliquée mécaniquement à toutes les situations. Dans une terre pauvre, sèche ou peu profonde, elle peut provoquer un manque d’eau permanent et affaiblir l’arbre.
Un figuier planté librement dans un grand terrain peut parfaitement fructifier si sa variété est adaptée, sa couronne éclairée et sa fertilisation raisonnable.
La restriction est surtout utile lorsqu’un figuier produit énormément de bois et de feuilles sans concentrer suffisamment sa croissance sur les fruits, ou lorsque l’espace disponible est limité.
Les figuiers sont généralement cultivés sur leurs propres racines
Le figuier s’enracine facilement par bouturage ou marcottage. La majorité des plants est donc cultivée sur ses propres racines plutôt que greffée sur un porte-greffe distinct.
Lorsqu’un figuier franc de pied rejette depuis sa base après le gel, les nouvelles pousses appartiennent à la même variété que la partie détruite.
Cette capacité constitue un avantage dans les régions froides : même lorsque les branches sont endommagées, la souche peut reformer un arbuste fidèle au cultivar.
Il existe néanmoins des figuiers greffés, notamment pour réunir plusieurs variétés ou résoudre certaines difficultés de multiplication. Sur ces plants, une pousse apparaissant sous le point de greffe ne correspond pas nécessairement à la variété achetée.
Un figuier issu de semis constitue un nouvel individu. Sa qualité, son type de pollinisation et sa capacité à produire sans caprification sont imprévisibles.
Conduire le figuier en touffe, en petit arbre ou en éventail
La forme en touffe
La forme arbustive à plusieurs tiges convient particulièrement aux climats froids. Elle garde la structure basse, facilite la protection et permet le renouvellement d’une branche détruite par le gel.
Il faut néanmoins limiter le nombre de tiges afin que la lumière pénètre dans la couronne et atteigne les fruits.
La forme en petit arbre
Un tronc unique facilite la circulation et l’entretien sous l’arbre. Cette forme expose davantage la production à la perte du tronc principal lors d’un épisode froid exceptionnel.
Dans le Nord, une couronne basse reste généralement plus facile à protéger et à récolter qu’une haute tige.
La conduite en éventail
La conduite contre un mur permet de répartir les branches dans une seule épaisseur et d’utiliser la chaleur restituée par la maçonnerie.
Elle améliore l’exposition des fruits, simplifie leur protection et permet de maintenir un figuier vigoureux dans un espace relativement étroit.
Les branches doivent être fixées sur des fils légèrement éloignés du mur afin de conserver une circulation d’air et de faciliter la taille.
Comprendre la fructification avant de tailler
La taille dépend de la récolte recherchée. Les figues-fleurs sont portées par le bois de l’année précédente, tandis que la récolte principale apparaît sur les nouvelles pousses.
Un rabattage sévère supprime donc les figues-fleurs. Il provoque aussi de longues pousses vigoureuses qui peuvent former beaucoup de fruits tardifs incapables de mûrir.
Si la variété est choisie pour sa récolte précoce, conservez suffisamment de rameaux d’un an avec leurs petits fruits embryonnaires.
Si l’arbre doit être renouvelé après le gel, les nouvelles pousses peuvent former une récolte principale, à condition que la variété soit suffisamment précoce.
La taille doit toujours rechercher un équilibre entre la conservation du bois fructifère, l’entrée de lumière et le renouvellement progressif des branches.
Quand et comment tailler un figuier ?
Attendez le printemps et la fin du risque de forte gelée pour effectuer les principales corrections. Le redémarrage permet alors de distinguer le bois vivant des parties réellement détruites.
Supprimez le bois mort, les branches qui se croisent, celles orientées vers l’intérieur et quelques tiges anciennes lorsque la touffe devient trop dense.
Évitez de raccourcir uniformément toutes les extrémités. Cette méthode supprime les figues-fleurs et provoque une réaction végétative importante.
Lorsqu’une vieille branche nue doit être renouvelée, une coupe plus basse peut stimuler une nouvelle pousse bien placée. Il est préférable de renouveler progressivement plutôt que de rabattre tout l’arbre la même année.
En début d’été, le pincement de certaines pousses très longues peut favoriser leur ramification et limiter la formation tardive de fruits qui ne mûriront pas.
Le latex blanc du figuier peut irriter la peau. Portez des gants et évitez le contact avec les yeux pendant la taille.
Éviter les excès d’azote et de vigueur
Un figuier fortement fertilisé peut produire de grandes feuilles et plusieurs mètres de nouvelles pousses sans améliorer la quantité de fruits mûrs.
L’excès d’azote retarde l’aoûtement, entretient une végétation ombragée et favorise la formation tardive de fruits.
Dans une bonne terre régulièrement paillée, un figuier planté librement n’a généralement pas besoin d’une fertilisation importante.
Une croissance très faible doit d’abord conduire à vérifier le sol, l’humidité, le froid et l’état des racines plutôt qu’à ajouter automatiquement de l’engrais.
Dans les régions froides, évitez les apports azotés tardifs qui provoqueraient des pousses encore tendres au moment des premières gelées.
Une humidité régulière améliore la qualité des figues
Le figuier adulte supporte la sécheresse, mais la production de figues charnues et juteuses demande une alimentation en eau suffisante pendant leur développement.
Un manque d’eau peut provoquer la chute de jeunes fruits, réduire le calibre et interrompre temporairement la croissance.
À l’inverse, un apport d’eau brutal ou de fortes pluies après une période sèche peuvent favoriser l’éclatement des fruits proches de la maturité.
Les figuiers dont les racines sont restreintes, cultivés en pot ou plantés au pied d’un mur demandent une surveillance particulièrement attentive.
Une humidité relativement régulière est préférable à une alternance entre dessèchement complet et saturation.
Pourquoi certaines figues éclatent-elles ou fermentent-elles sur l’arbre ?
L’éclatement dépend du cultivar, du stade de maturité, de la structure de la peau et des variations d’humidité.
Une pluie importante peut faire gonfler rapidement la pulpe alors que la peau ne dispose plus de suffisamment d’élasticité.
Les fissures et les ostioles très ouverts facilitent ensuite l’entrée de levures, de champignons et d’insectes. La figue peut devenir acide, mousseuse ou présenter une odeur fermentée.
Les variétés à œil fermé et à bonne tenue sous la pluie sont plus adaptées aux climats humides que les cultivars sélectionnés dans des régions très sèches.
Récoltez fréquemment pendant une période pluvieuse et retirez les fruits fendus ou fermentés afin qu’ils ne restent pas dans la couronne.
Le figuier est robuste, mais pas totalement exempt de problèmes
Le figuier demande généralement peu de protection phytosanitaire dans un jardin. Les difficultés climatiques et la mauvaise maturité des fruits sont souvent plus importantes que les maladies.
Des mosaïques ou déformations du feuillage peuvent néanmoins apparaître, ainsi que différentes taches foliaires, des chancres ou des pourritures sur les fruits.
Une chute prématurée de fruits peut résulter du froid, de la sécheresse, d’un manque de chaleur, d’une variété dépendante de la caprification ou d’un ravageur. Elle ne doit pas être attribuée automatiquement à une seule maladie.
Les cochenilles et les acariens deviennent surtout problématiques sur les plantes cultivées sous abri ou hivernées dans un local trop chaud.
Une couronne aérée, un drainage correct et le retrait des fruits pourris ou momifiés limitent la plupart des problèmes rencontrés en culture familiale.
Protéger les jeunes figuiers pendant leurs premiers hivers
Dans une situation froide ou exposée, protégez en priorité la base, le tronc et les rameaux portant les petits fruits embryonnaires.
Un voile d’hivernage peut être installé autour d’une structure maintenant le matériau à distance des branches. Une couche de feuilles sèches ou de paille peut compléter la protection sans maintenir les tiges détrempées.
La protection doit pouvoir être ouverte pendant les périodes douces afin d’éviter une humidité excessive et un redémarrage trop précoce.
Un paillage protège partiellement les racines et la base de la souche, mais ne doit pas former un amas humide contre les tiges.
La conservation du bois aérien est particulièrement importante pour les variétés dont l’intérêt repose sur les figues-fleurs.
Que faire après une forte gelée ?
N’effectuez pas immédiatement une taille sévère. Les limites entre bois vivant et bois détruit deviennent beaucoup plus visibles lorsque la végétation redémarre.
Au printemps, raccourcissez les branches jusqu’à un tissu sain et conservez les pousses repartant depuis les parties vivantes.
Un figuier cultivé sur ses propres racines peut repartir depuis la souche sans perdre son identité variétale.
La première année suivant un rabattage par le froid, l’arbre peut produire beaucoup de bois. Une variété précoce sur la récolte principale pourra parfois donner quelques fruits, tandis qu’une variété dépendant surtout des figues-fleurs attendra généralement l’année suivante.
Évitez de suralimenter la repousse. L’objectif est de reformer une structure solide et correctement aoûtée avant l’hiver suivant.
La culture en pot réduit fortement la rusticité
Un figuier en contenant peut être cultivé sur une terrasse ou déplacé selon les saisons, mais ses racines sont beaucoup plus exposées au gel qu’en pleine terre.
La motte peut geler entièrement alors que la même variété aurait conservé ses racines vivantes dans le sol du jardin.
Le pot doit être volumineux, stable et correctement drainé. Un petit contenant sèche rapidement et favorise les alternances hydriques responsables de chutes ou d’éclatements.
En hiver, le figuier dormant peut être placé dans un local frais, sombre ou peu lumineux, à condition qu’il ne soit pas chauffé et que la motte ne sèche pas totalement.
Il ne faut pas chercher à maintenir sa croissance dans une pièce chaude. Le repos hivernal est normal pour cette espèce caduque.
Au printemps, sortez progressivement le pot et protégez les jeunes feuilles des dernières gelées.
Comment reconnaître une figue réellement mûre ?
Une figue mûre devient souple et lourde, son cou se courbe et le fruit pend davantage vers le bas.
La peau prend la couleur propre à la variété et peut présenter de petites fissures superficielles. Certaines figues restent vertes ou jaunes même lorsqu’elles sont parfaitement mûres.
Le fruit se détache facilement et ne libère plus autant de latex blanc au niveau du pédoncule. Un fruit encore dur et dressé n’a généralement pas atteint sa qualité maximale.
Selon le cultivar, une goutte de nectar peut apparaître à l’œil et le parfum devient plus perceptible.
La dégustation reste le meilleur indicateur. Une figue récoltée un ou deux jours trop tôt peut manquer d’une grande partie du sucre et de la richesse aromatique qu’elle aurait développés sur l’arbre.
La figue ramollit après récolte, mais doit être cueillie presque mûre
La figue présente une activité respiratoire et une production d’éthylène qui augmentent pendant sa maturation. Elle peut donc continuer à se ramollir après la cueillette.
Cette évolution ne permet pas d’obtenir une excellente figue à partir d’un fruit vert et dur récolté trop tôt.
Pour une consommation fraîche, la figue doit être cueillie presque à pleine maturité. C’est sur l’arbre qu’elle développe l’essentiel de sa concentration, de son parfum et de sa texture fondante.
Un fruit cueilli trop ferme peut se ramollir tout en restant peu sucré, peu aromatique ou légèrement caoutchouteux.
Cette exigence explique pourquoi une figue cultivée et récoltée au jardin offre souvent une qualité très supérieure à celle d’un fruit sélectionné avant tout pour supporter le transport.
Récolter fréquemment et manipuler avec précaution
Les figues mûres sont très fragiles. Cueillez-les en soutenant le fruit et en détachant délicatement son pédoncule.
Un fruit mou se marque facilement sous la pression des doigts. Utilisez des plateaux peu profonds et évitez d’empiler plusieurs couches.
Pendant la période principale, vérifiez l’arbre chaque jour ou tous les deux jours. Une figue arrivée à maturité peut rapidement devenir trop molle, fermenter ou être consommée par les oiseaux et les insectes.
Récoltez de préférence lorsque les fruits sont secs. Les figues mouillées se conservent moins bien et sont plus sensibles aux pourritures.
Les fruits blessés, fendus ou excessivement mûrs doivent être consommés ou transformés immédiatement.
Une durée de conservation naturellement très courte
Une figue pleinement mûre se conserve peu de temps à température ambiante. Sa chair tendre, sa peau fine et sa forte activité métabolique accélèrent sa dégradation.
Placez rapidement la récolte au frais lorsqu’elle n’est pas consommée dans la journée. Même au réfrigérateur, les fruits doivent être contrôlés et utilisés rapidement.
Les figues peuvent être congelées, séchées ou transformées en confitures, compotes, chutneys, pâtes de fruits et préparations salées.
Les variétés destinées au séchage doivent posséder une teneur en sucre élevée, une chair adaptée et une bonne tenue sanitaire. Une grosse figue très aqueuse n’est pas nécessairement la plus intéressante pour cet usage.
Quel figuier choisir selon son objectif ?
Pour une culture dans le nord de la France
Privilégiez une variété de type commun, très précoce, capable de produire sur les pousses de l’année ou de conserver une bonne récolte de figues-fleurs dans un emplacement protégé.
Pour un emplacement contre un mur chaud
Une variété bifère peut être intéressante lorsque le mur protège le bois d’un an et permet aux figues-fleurs de mûrir tôt.
Pour une situation où les branches gèlent régulièrement
Choisissez une variété produisant une récolte principale très précoce sur les pousses de l’année. La rusticité de la souche doit être associée à une capacité réelle à faire mûrir les fruits après une repousse.
Pour un climat humide
Recherchez une variété à œil fermé, peu sensible à l’éclatement et dont la peau résiste correctement aux pluies proches de la maturité.
Pour obtenir de très grosses figues
Comparez le calibre avec la précocité et la concentration. Une grosse figue peut demander davantage de chaleur et rester plus aqueuse lorsqu’elle mûrit difficilement.
Pour une culture en pot
Choisissez une variété naturellement compacte ou facile à contenir et suffisamment précoce. Prévoyez un arrosage régulier et un hivernage protégeant la motte du gel profond.
Pour planter un seul arbre
Choisissez une variété de type commun parthénocarpique. Elle produira sans figuier mâle, sans seconde variété et sans guêpe pollinisatrice.
Questions fréquentes sur les figuiers
Quand planter un figuier acheté en pot ?
Dans le nord de la France, la plantation printanière est la plus sécurisante. Pour un plant déjà feuillé, attendez la fin du principal risque de gelées tardives.
Faut-il arroser le figuier pendant toute la première année ?
Oui lorsque les pluies ne suffisent pas. L’ancienne motte peut sécher rapidement tant que les racines n’ont pas largement colonisé le terrain.
Faut-il planter deux figuiers pour avoir des fruits ?
Non pour les variétés du type commun. Elles forment des fruits par parthénocarpie et n’ont besoin ni d’un second cultivar ni d’un caprifiguier.
Qu’est-ce qu’un figuier bifère ?
Il peut produire une récolte de figues-fleurs sur le bois de l’année précédente puis une récolte principale sur les nouvelles pousses. Les deux récoltes ne mûrissent pas nécessairement chaque année dans une région fraîche.
Qu’est-ce qu’une figue-fleur ?
Il s’agit d’une figue commencée pendant la saison précédente et ayant passé l’hiver sous la forme d’un petit fruit sur un rameau d’un an.
Pourquoi mon figuier bifère ne donne-t-il qu’une récolte ?
Le froid ou la taille peuvent supprimer les figues-fleurs, tandis qu’une saison trop courte peut empêcher la récolte principale de mûrir.
Pourquoi mon figuier porte-t-il beaucoup de figues qui restent vertes ?
La variété peut être trop tardive, l’exposition manquer de chaleur ou l’arbre produire trop de végétation. Les fruits formés tardivement sur les extrémités n’ont souvent plus le temps de mûrir.
Les grosses figues vertes passent-elles l’hiver pour mûrir l’année suivante ?
Généralement non. Seuls les très petits fruits embryonnaires formés sur les rameaux d’un an peuvent devenir la récolte précoce suivante.
Un figuier très rustique produit-il nécessairement dans le Nord ?
Non. La souche peut survivre à un froid important alors que la variété reste trop tardive pour faire mûrir sa récolte.
Pourquoi mon jeune figuier a-t-il gelé alors que la variété était annoncée rustique ?
La rusticité maximale concerne généralement un arbre adulte et dormant. Les jeunes plants, les pousses vertes et les racines récemment installées sont beaucoup plus sensibles.
Un figuier reparti de sa base conserve-t-il sa variété ?
Oui lorsqu’il était cultivé sur ses propres racines, ce qui est le cas de la majorité des plants. Sur un figuier greffé, il faut vérifier que la repousse apparaît au-dessus du point de greffe.
Faut-il limiter les racines ?
Ce n’est pas obligatoire. La restriction peut être utile dans une terre très fertile pour contenir la vigueur, mais elle devient défavorable dans un sol pauvre ou sec.
Faut-il beaucoup tailler un figuier ?
Non. La taille sert surtout à éclaircir la couronne et renouveler quelques branches. Un rabattage sévère supprime les figues-fleurs et stimule une forte repousse.
Pourquoi mes figues éclatent-elles après la pluie ?
La pulpe gonfle rapidement et la peau ne suit pas toujours cette expansion. La sensibilité dépend de la variété et des variations d’humidité du sol.
Pourquoi certaines figues fermentent-elles sur l’arbre ?
Les fissures et un ostiole ouvert permettent l’entrée de levures, d’insectes et d’eau. Les fruits très mûrs sont particulièrement sensibles pendant une période chaude et humide.
Comment reconnaître une figue mûre ?
Elle devient souple, lourde et pendante, se détache facilement et développe la couleur et le parfum propres à la variété.
Une figue mûrit-elle après avoir été cueillie ?
Elle peut continuer à ramollir, mais une figue récoltée verte et dure ne développera pas la même richesse qu’un fruit presque entièrement mûri sur l’arbre.
Le figuier supporte-t-il le calcaire ?
Il tolère généralement assez bien les sols modérément calcaires, à condition qu’ils soient drainés. Une terre extrêmement chlorosante ou asphyxiante peut néanmoins limiter sa croissance.
Peut-on cultiver un figuier en pot ?
Oui, mais il faudra surveiller étroitement l’eau et protéger la motte en hiver. Un figuier en pot est beaucoup moins rustique qu’un arbre de la même variété planté en pleine terre.
