Amandier
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Amandier
Peut-on cultiver un amandier dans le nord de la France ?
L’amandier est souvent présenté comme un arbre exclusivement méditerranéen.
Cette vision est trop restrictive. L’arbre dormant supporte généralement bien
les hivers du nord de la France. Les principales limites sont plutôt
la précocité de la floraison, les conditions météorologiques pendant celle-ci,
la capacité des amandes à mûrir avant l’automne et l’adaptation des racines
à un sol parfois humide.
Les progrès de la sélection ont profondément changé les possibilités de culture.
Il existe aujourd’hui des variétés à floraison tardive ou très tardive,
autofertiles et capables de mûrir assez tôt. Elles permettent d’envisager
la production d’amandes dans des régions où les anciennes variétés
à floraison précoce auraient donné des récoltes trop irrégulières.
Dans un jardin bien exposé et sur un terrain adapté, l’amandier peut même
se montrer plus satisfaisant qu’un pêcher. Il demande moins de renouvellement
annuel du bois fruitier, ses fruits sont protégés par une coque
et certaines variétés présentent un comportement sanitaire particulièrement robuste.
Une fleur plus résistante au gel qu’on ne le pense
La floraison précoce reste le principal risque associé à l’amandier,
mais une fleur ouverte n’est pas systématiquement détruite dès que la température
descend légèrement sous zéro.
Des essais récents réalisés sur de nombreuses variétés ont montré qu’en pleine floraison,
la température provoquant la destruction de la moitié des fleurs se situait souvent
autour de −4 à −4,5 °C. Les premiers dégâts peuvent néanmoins apparaître
dès environ −2,5 à −3,5 °C, selon la variété, la durée du gel,
l’humidité de l’air et les conditions précédant la nuit froide.
Ces valeurs expliquent pourquoi un amandier peut parfois conserver une récolte
après une gelée blanche qui semblait inquiétante. Il suffit qu’une partie des fleurs
reste viable pour obtenir des amandes, car l’arbre produit généralement
bien plus de fleurs qu’il ne conservera de fruits.
La résistance diminue toutefois à mesure que les organes se développent.
Le bouton floral supporte davantage de froid que la fleur ouverte,
et les jeunes amandes fraîchement nouées deviennent particulièrement vulnérables.
Une gelée survenant après la chute des pétales peut donc être plus dommageable
qu’une gelée comparable au début de la floraison.
Floraison tardive et résistance de la fleur : deux qualités différentes
Une variété à floraison tardive réduit le risque en restant dormante
pendant une partie des épisodes de gel. Cela ne signifie pas nécessairement
que ses fleurs ouvertes sont plus résistantes que celles d’une variété précoce.
À l’inverse, une variété peut posséder des fleurs relativement tolérantes au froid
mais fleurir trop tôt et être exposée à un plus grand nombre de nuits gélives.
Le meilleur profil pour une région fraîche associe donc une floraison tardive
et une bonne tolérance intrinsèque des fleurs.
Les différences variétales sont loin d’être anecdotiques.
Des travaux récents ont notamment classé des variétés comme
‘Vairo’, ‘Tarraco’, ‘Lauranne’, ‘Marinada’, ‘Tuono’ et ‘Penta’
parmi les cultivars présentant les meilleures tolérances en pleine floraison
dans les conditions de l’étude.
Aucune variété ne permet néanmoins de garantir une récolte après une forte gelée.
La date de floraison, l’emplacement et les conditions propres à chaque nuit
restent aussi importants que le nom de la variété.
Choisir une variété qui mûrit suffisamment tôt
Dans les régions septentrionales, la floraison tardive ne doit pas être recherchée
sans tenir compte de la date de maturité. Une variété qui fleurit très tard
mais dont les amandes mûrissent également très tard peut rencontrer
les pluies et le manque de chaleur de l’automne.
L’objectif est de trouver un compromis entre une floraison assez tardive
pour éviter une partie des gelées et une maturité assez précoce
pour que l’enveloppe extérieure puisse s’ouvrir et que la coque sèche correctement.
Les programmes modernes de sélection travaillent précisément sur cette combinaison :
floraison tardive ou très tardive, autofertilité et maturité précoce.
Ce profil est généralement plus intéressant pour le nord de la France
qu’une ancienne variété méditerranéenne à floraison et maturité très précoces
ou, au contraire, excessivement tardives.
Voir le calendrier de récolte des amandes
Les dates sont indicatives. La maturité dépend de la variété,
de l’exposition, du porte-greffe, de la charge de l’arbre
et des températures accumulées pendant l’été.
L’amandier est-il réellement résistant aux maladies ?
L’amandier ne doit pas être présenté comme un arbre immunisé,
mais certaines variétés se montrent effectivement très robustes.
Dans un jardin, il peut paraître nettement moins maladif qu’un pêcher,
notamment lorsqu’il échappe aux fortes défoliations provoquées
chaque printemps par la cloque.
Le champignon responsable de la cloque peut également infecter l’amandier,
mais son importance varie avec les variétés et les conditions.
L’absence de symptômes une année ne signifie donc pas que l’espèce
est totalement résistante.
Sous un climat humide, les principaux points de vigilance concernent surtout
la moniliose des fleurs, les chancres des rameaux, la maladie criblée,
certaines taches foliaires et les pourritures du collet ou des racines.
La résistance doit être examinée variété par variété.
Certaines sélections ont été directement retenues pour leur comportement
face à la moniliose ou aux maladies du bois, tandis que d’autres peuvent être
productives mais plus sensibles sous une floraison froide et pluvieuse.
Moniliose des fleurs : le risque principal pendant une floraison humide
La moniliose peut infecter les fleurs entre le stade bouton rose
et la chute des pétales. Les fleurs brunissent, puis les courts rameaux
qui les portent peuvent se dessécher. Un écoulement de gomme peut apparaître
à la base des parties atteintes.
Les fleurs pleinement ouvertes sont particulièrement réceptives.
Une floraison longue, accompagnée de pluie ou d’une humidité élevée,
augmente fortement le risque.
L’amandier présente toutefois un avantage par rapport au pêcher :
la partie récoltée est une graine protégée par une coque,
et non un fruit charnu devant rester intact et juteux jusqu’à maturité.
Les pourritures de fruits sont donc moins souvent la difficulté dominante
pour un jardinier, même si les enveloppes et les jeunes fruits
peuvent eux aussi être atteints.
Une couronne bien éclairée, l’élimination des rameaux desséchés,
la suppression des fruits momifiés et une taille mesurée
réduisent les sources de contamination.
Chancres, gomme et maladies du bois
Comme les autres arbres du genre Prunus, l’amandier peut réagir à une blessure,
à une infection ou à un stress par un écoulement de gomme.
La gomme n’est pas une maladie en elle-même, mais le symptôme
d’un problème qu’il faut rechercher.
Les chancres bactériens ou fongiques profitent des blessures de taille,
des fissures de gel, des branches cassées et des périodes froides et humides.
Ils peuvent provoquer la mort d’une portion de rameau,
d’une branche charpentière ou, plus rarement, d’un jeune arbre.
Une formation correcte dès les premières années est donc préférable
à des tailles sévères réalisées sur un arbre devenu trop grand.
Les branches malades doivent être coupées jusqu’au bois sain,
par temps sec, avec des outils propres.
Le sol est souvent plus déterminant que le climat
L’amandier est naturellement adapté aux terrains aérés,
parfois pauvres, caillouteux ou calcaires. Il possède en revanche
une faible tolérance à l’asphyxie racinaire lorsqu’il est greffé
sur un porte-greffe d’origine amandier ou pêcher-amandier.
Dans le nord de la France, le principal danger n’est donc pas toujours
le manque de chaleur. Un sol lourd restant saturé pendant l’hiver
peut provoquer davantage de dégâts qu’une période de gel.
Évitez les cuvettes où l’eau s’accumule et ne plantez pas l’arbre
au fond d’une fosse remplie de terreau. Cette poche plus meuble
peut retenir l’eau autour des racines au lieu d’améliorer réellement le drainage.
Sur un terrain humide, une plantation légèrement surélevée,
l’amélioration de l’écoulement général de l’eau
et surtout le choix d’un porte-greffe adapté sont préférables.
Quel porte-greffe choisir pour un amandier ?
Le porte-greffe influence la vigueur, l’ancrage,
la tolérance au calcaire, à la sécheresse, à l’humidité
et à certains agents pathogènes du sol.
Les hybrides pêcher-amandier
Les porte-greffes comme GF 677 ou Garnem produisent généralement
des arbres vigoureux, bien adaptés aux terres calcaires,
alcalines et correctement drainées.
Ils sont intéressants dans les sols où la chlorose ferrique
constitue un risque, mais restent peu adaptés aux terrains
longtemps saturés en eau.
Les porte-greffes à ascendance prunier ou myrobolan
Les porte-greffes possédant une ascendance de Prunus cerasifera
tolèrent généralement mieux les sols lourds, le manque d’oxygène
autour des racines et certaines maladies telluriques.
Ils peuvent aussi modérer la vigueur, mais toutes les associations
ne présentent pas la même compatibilité avec les variétés d’amandier.
Le choix ne doit donc pas être réalisé sur le seul critère de l’humidité.
Les porte-greffes de pêcher
Ils peuvent convenir aux terres fertiles, légères et bien drainées,
mais se comportent généralement moins bien dans les sols très calcaires
que les porte-greffes contenant de l’amandier.
Autofertilité et pollinisation des amandiers
De nombreuses variétés anciennes d’amandiers sont autostériles.
Elles doivent recevoir le pollen d’une autre variété compatible
fleurissant au même moment.
Une grande partie des variétés modernes est issue de programmes
ayant recherché l’autofertilité. ‘Tuono’ a notamment joué un rôle majeur
comme source génétique de l’allèle d’autocompatibilité.
Il faut toutefois distinguer l’autocompatibilité et l’autogamie.
Une fleur autocompatible accepte son propre pollen,
mais cela ne garantit pas que le pollen atteigne efficacement le stigmate
en l’absence d’insectes ou lorsque la fleur possède une morphologie défavorable.
Pour planter un seul arbre, il est donc préférable de choisir une variété
dont l’autofertilité a été confirmée en conditions naturelles,
et pas seulement en laboratoire.
Même chez une variété autofertile, le passage des abeilles
et des autres pollinisateurs favorise la fécondation.
Un temps froid, venteux ou continuellement pluvieux pendant la floraison
peut réduire la récolte sans que la variété soit en cause.
Où planter un amandier ?
Choisissez une situation lumineuse et suffisamment chaude
pour permettre la maturation des amandes. Évitez toutefois les points bas
dans lesquels l’air froid s’accumule pendant les nuits de gel.
Une pente légère est souvent préférable à une cuvette abritée de tous côtés,
car l’air froid peut s’écouler vers les zones plus basses.
Un mur plein sud apporte de la chaleur, mais il peut aussi accélérer
le réveil de l’arbre et avancer la floraison. Dans une région gélive,
une situation ensoleillée mais moins brutalement réchauffée en fin d’hiver
peut offrir un meilleur compromis.
Une bonne circulation de l’air permet également aux fleurs,
au feuillage et au bois de sécher plus rapidement après la pluie,
ce qui limite le développement des maladies.
Une fructification moins exigeante à renouveler que celle du pêcher
Le pêcher fructifie principalement sur les rameaux formés l’année précédente.
L’amandier produit, selon les variétés, sur le bois d’un an
mais surtout sur de courts bouquets de mai ou dards fruitiers.
Ces organes peuvent rester vivants et productifs plusieurs années.
L’arbre n’a donc pas besoin d’une taille annuelle aussi énergique
que le pêcher pour renouveler constamment son bois fruitier.
Cette différence peut expliquer pourquoi un amandier paraît plus stable
et plus facile à entretenir. Une fois sa charpente formée,
la taille consiste surtout à maintenir de la lumière dans la couronne,
à supprimer le bois mort et à renouveler progressivement
les zones devenues trop âgées.
Une taille trop forte stimule une végétation excessive
et peut retarder la mise à fruit. Elle crée également des plaies
inutiles sur un arbre sensible aux chancres.
Coque dure ou coque tendre ?
Les variétés à coque tendre sont faciles à casser
et offrent généralement une proportion d’amandon plus élevée
par rapport au poids total du fruit.
Une coque dure protège davantage l’amandon contre les oiseaux,
certains insectes et les conditions humides.
Cette caractéristique peut être intéressante pour une culture familiale
lorsque les fruits restent longtemps sur l’arbre.
La dureté de coque n’indique pas directement la qualité gustative.
Il faut également considérer le poids de l’amandon,
sa forme, sa teneur en huile, la fréquence des amandons doubles
et la facilité de décorticage.
Quand récolter et comment sécher les amandes ?
L’amande est mûre lorsque l’enveloppe verte et charnue,
appelée brou, se fend et commence à se séparer de la coque.
L’ouverture commence souvent dans les parties hautes et bien exposées
de l’arbre avant de gagner le reste de la couronne.
Il n’est pas nécessaire d’attendre que les amandes soient totalement sèches
sur l’arbre. Dans une région humide, il est même préférable de récolter
lorsque la majorité des brous sont ouverts, avant une longue période pluvieuse.
Retirez le brou, puis faites sécher les amandes en coque
dans un endroit sec, ventilé et protégé de la pluie.
L’amandon doit devenir ferme et croquant avant le stockage.
Une variété à maturité précoce est particulièrement intéressante
sous climat septentrional, car elle offre davantage de temps
pour terminer ce séchage avant l’automne.
Questions fréquentes sur les amandiers
L’amandier est-il plus facile à cultiver que le pêcher ?
Il peut l’être dans certaines situations. Il demande moins de renouvellement
du bois fruitier et peut se montrer moins affecté par la cloque.
Sa réussite reste néanmoins dépendante de la floraison,
du drainage et de la maturité suffisamment précoce des amandes.
Les fleurs d’amandier résistent-elles au gel ?
Elles supportent souvent quelques degrés sous zéro,
avec de fortes différences entre variétés et stades de développement.
Les jeunes fruits sont généralement plus sensibles que les boutons
et les fleurs en début d’ouverture.
Faut-il planter deux amandiers ?
Cela dépend de la variété. Une variété autostérile exige
un pollinisateur compatible. Une variété véritablement autofertile
peut produire seule, même si l’activité des insectes pollinisateurs
reste importante.
Quel est le meilleur sol pour un amandier ?
Un sol profond, aéré et drainé est idéal.
L’amandier accepte souvent le calcaire et une fertilité modérée,
mais supporte mal l’eau stagnante lorsque son porte-greffe
n’est pas adapté aux terres lourdes.
Pourquoi mon amandier fleurit-il mais ne donne-t-il pas d’amandes ?
Les causes possibles sont une gelée, une variété autostérile plantée seule,
une mauvaise concordance de floraison, un temps défavorable aux abeilles,
une maladie des fleurs ou un arbre encore trop jeune.
Faut-il beaucoup tailler un amandier ?
Non. Il faut surtout construire une charpente solide pendant les premières années.
Sur un arbre adulte, une taille légère visant à maintenir la lumière
et à retirer le bois malade est généralement suffisante.
Comment reconnaître une amande mûre ?
Le brou se fend et se détache progressivement de la coque.
Après la récolte, les amandes doivent encore sécher dans un endroit ventilé
avant d’être stockées ou consommées.
