Feijoa
Qu’est-ce qu’un feijoa ?
Le feijoa, Acca sellowiana, est un arbuste fruitier persistant de la famille des Myrtacées, originaire du sud du Brésil, de l’Uruguay, du Paraguay et du nord de l’Argentine. Son ancien nom botanique, Feijoa sellowiana, reste encore largement utilisé.
Il est parfois appelé goyavier du Brésil ou goyavier-ananas, mais il ne s’agit pas d’un véritable goyavier du genre Psidium. Son feuillage gris argenté, ses fleurs rouges et blanches et ses fruits verts très parfumés lui donnent un intérêt à la fois fruitier et ornemental.
Contrairement à ce que son parfum exotique pourrait laisser penser, le feijoa n’est pas une plante tropicale exigeant une chaleur permanente. Il provient notamment de régions d’altitude soumises à des hivers frais. Sa culture reste toutefois intermédiaire entre celle d’un arbuste méditerranéen et celle d’un véritable fruitier rustique.
Dans le nord de la France, un feijoa peut former un bel arbuste et fleurir régulièrement dans une situation protégée. L’obtention de fruits mûrs dépend davantage de la variété, de l’exposition et de la longueur de l’automne.
Comment choisir une variété de feijoa ?
Le choix ne doit pas reposer uniquement sur le calibre annoncé. Les cultivars diffèrent par leur précocité, leur capacité à produire seuls, la durée de leur floraison, la forme du fruit, la proportion de pulpe, l’acidité, le parfum et la tenue après récolte.
Dans une région fraîche, une variété précoce présente généralement davantage d’intérêt qu’un cultivar donnant des fruits extrêmement gros mais mûrissant tardivement. Un gros fruit encore immature reste ferme, acide et peu parfumé.
La qualité doit également être jugée selon la proportion de chair consommable. Certains gros fruits possèdent une peau épaisse, une zone externe très granuleuse ou une cavité centrale importante. Un fruit légèrement plus petit peut fournir davantage de pulpe agréable.
La régularité de production est un autre critère essentiel. Une variété capable de fructifier seule dans certaines conditions peut rester beaucoup plus productive lorsqu’elle reçoit le pollen d’un autre cultivar.
Plant issu de semis ou variété sélectionnée ?
Les feijoas issus de semis
Chaque graine donne un individu génétiquement différent. Un semis ne reproduit donc pas fidèlement la variété dont provenait le fruit.
La plante obtenue peut donner d’excellents fruits, mais elle peut aussi produire tardivement, porter de petits fruits, présenter une chair très granuleuse ou se révéler auto-incompatible.
Les plants de semis conviennent bien à la création d’une haie ornementale, à la sélection ou comme porte-greffes. Ils offrent moins de garanties lorsqu’on recherche une qualité de fruit et une période de maturité précises.
Les variétés multipliées végétativement
Une variété greffée, bouturée ou marcottée reproduit le même génotype que la plante d’origine. Ses principales caractéristiques sont donc beaucoup plus prévisibles.
La multiplication du feijoa n’est cependant pas aussi simple que celle du figuier ou du cassissier. Le bouturage peut être irrégulier et le bois dur rend le greffage plus délicat.
Les variétés sont fréquemment greffées sur des plants de feijoa issus de semis. Il n’existe pas encore une gamme de porte-greffes clonaux nains, semi-vigoureux ou adaptés à différents sols comparable à celle du pommier.
L’autofertilité du feijoa est plus complexe qu’un simple oui ou non
Les fleurs du feijoa sont hermaphrodites : elles possèdent à la fois des organes mâles et femelles. Cette caractéristique ne signifie pas que toutes les variétés se fécondent efficacement avec leur propre pollen.
Une partie des génotypes présente une auto-incompatibilité tardive. Le pollen peut germer et progresser dans la fleur, mais la fécondation ou le développement initial du fruit échoue ensuite.
D’autres cultivars sont partiellement ou fortement autocompatibles. Même dans ce groupe, le nombre de fruits et parfois leur calibre augmentent généralement lorsqu’un pollen étranger compatible est disponible.
Les indications « autofertile » rencontrées dans les catalogues doivent donc être comprises comme une capacité à produire seul, et non comme la garantie que la présence d’un second cultivar n’apportera aucun bénéfice.
Pour obtenir une récolte régulière, la solution la plus sûre reste de planter deux variétés génétiquement différentes dont les floraisons se chevauchent.
Deux plants portant le même nom ne se pollinisent pas réellement entre eux
Deux feijoas multipliés à partir du même cultivar sont des clones. Ils possèdent le même patrimoine génétique et leur association ne constitue pas une véritable pollinisation croisée.
Pour améliorer la fécondation, il faut associer deux cultivars différents ou une variété sélectionnée avec un plant issu de semis.
Deux semis provenant du même fruit sont normalement génétiquement différents et peuvent se polliniser. Leur qualité fruitière reste toutefois inconnue jusqu’à leur première production.
Dans un petit jardin, deux variétés précoces et complémentaires sont généralement plus intéressantes qu’un cultivar tardif accompagné d’un semis uniquement destiné au pollen.
Une pollinisation assurée par les oiseaux et les insectes
Les fleurs du feijoa ne ressemblent pas à celles des fruitiers européens classiques. Elles possèdent de nombreux longs filaments rouges et des pétales charnus, blancs sur le dessus et rosés à l’intérieur.
Dans l’aire d’origine de l’espèce et dans certains pays producteurs, les oiseaux jouent un rôle important. Ils consomment les pétales sucrés et transportent le pollen sur leur tête et leur plumage lorsqu’ils passent d’une fleur à l’autre.
Les abeilles et d’autres insectes visitent également les fleurs, mais leur efficacité peut varier. Certains insectes prélèvent surtout le pollen et se déplacent fréquemment entre les fleurs d’un même arbuste, ce qui est moins utile chez un cultivar auto-incompatible.
Dans un jardin européen, il ne faut pas supposer que la faune locale assurera toujours la même efficacité que dans les zones où le feijoa est largement cultivé. Deux variétés proches l’une de l’autre et une couronne accessible aux pollinisateurs augmentent les chances de nouaison.
Comment polliniser manuellement les fleurs ?
La pollinisation manuelle est simple et peut être utile lorsqu’un arbre fleurit abondamment sans produire ou lorsque les deux cultivars sont encore petits.
Le pollen est prélevé avec un petit pinceau sur les étamines d’une fleur bien ouverte, puis déposé sur le stigmate central d’une fleur appartenant à l’autre variété.
Il est préférable de renouveler l’opération pendant plusieurs jours, car toutes les fleurs ne deviennent pas réceptives simultanément.
Il n’est pas nécessaire de polliniser l’ensemble de l’arbuste. Quelques dizaines de fleurs correctement croisées peuvent déjà produire une récolte familiale significative.
Lorsqu’une pollinisation manuelle croisée améliore nettement la nouaison, le problème venait probablement du manque de transport du pollen ou de l’autoincompatibilité du cultivar.
Les pétales du feijoa sont comestibles
Les pétales possèdent une texture charnue et un goût légèrement sucré, souvent comparé à la fraise, à l’ananas ou à une confiserie florale.
Ils peuvent être consommés directement ou utilisés pour décorer des desserts et des salades. Les étamines et le pistil central doivent rester en place afin de ne pas empêcher la formation du fruit.
Une récolte importante de pétales peut cependant réduire l’attrait des fleurs pour les oiseaux qui participent à la pollinisation. Lorsque la production de fruits est prioritaire, il est préférable de ne prélever qu’une petite partie des pétales.
Une floraison tardive qui évite une partie des gelées printanières
Le feijoa fleurit généralement à la fin du printemps ou au début de l’été, bien après l’amandier, l’abricotier et la plupart des pruniers.
Cette floraison tardive constitue un avantage dans les régions sujettes aux gelées de mars et d’avril. Les fleurs apparaissent lorsque le risque de forte gelée est normalement devenu faible.
Un épisode de froid exceptionnel pendant la floraison peut toutefois compromettre la nouaison. Les jeunes pousses portant les fleurs sont également plus sensibles que le vieux bois.
Dans le Nord, le principal risque climatique intervient souvent plusieurs mois plus tard : les fruits peuvent être encore en cours de maturation lorsque surviennent les premières gelées automnales.
La résistance de l’arbuste au froid ne garantit pas la récolte
Le feijoa supporte des gels modérés et peut survivre à des températures auxquelles de nombreux fruitiers subtropicaux seraient détruits. Cette rusticité varie néanmoins selon le cultivar, l’âge, la durée du froid, l’humidité du sol et l’aoûtement des pousses.
Le feuillage persistant et les jeunes extrémités peuvent être brûlés avant que le tronc ou la souche ne soient réellement menacés. Un arbuste adulte peut donc repartir après un hiver ayant détruit une partie de sa couronne.
Les fruits sont beaucoup plus sensibles au gel que le bois. Une faible gelée automnale peut altérer leur chair alors que l’arbuste ne présente aucun dommage durable.
Dans le nord de la France, il faut donc distinguer trois questions : l’arbuste survivra-t-il à l’hiver, fleurira-t-il après les éventuels dégâts et ses fruits mûriront-ils avant le premier froid important ?
Une variété précoce placée dans un microclimat favorable peut répondre positivement à ces trois conditions, tandis qu’un cultivar tardif ne donnera que rarement des fruits aboutis malgré une bonne survie hivernale.
Choisir un véritable microclimat dans les régions fraîches
Le meilleur emplacement associe beaucoup de lumière, une chaleur automnale suffisante et une protection contre les vents froids.
Un mur exposé au sud ou au sud-ouest accumule de la chaleur et protège l’arbuste. Il peut avancer la maturation de plusieurs semaines par rapport à une plantation exposée au vent dans une parcelle ouverte.
Une cour intérieure, un jardin urbain ou une pente bien exposée peuvent également créer des conditions favorables.
Évitez les cuvettes dans lesquelles l’air froid s’accumule pendant les nuits d’automne. Un arbuste situé légèrement plus haut peut conserver ses fruits alors que ceux d’une zone basse sont endommagés.
L’espace doit rester suffisamment ouvert pour recevoir le soleil. Une situation protégée ne doit pas devenir une zone sombre et constamment humide.
Soleil ou mi-ombre ?
Le feijoa tolère la mi-ombre et peut y conserver un beau feuillage. La production fruitière y sera cependant généralement plus faible et plus tardive.
Dans le nord de la France, le plein soleil est préférable. Il favorise la formation des fleurs, l’accumulation des sucres, le développement du parfum et l’aoûtement du bois avant l’hiver.
Une ombre légère pendant les heures les plus chaudes peut convenir dans une région méridionale, mais elle n’apporte généralement aucun avantage sous un climat frais.
Une couronne très dense crée elle-même de l’ombre. Un léger éclaircissement peut donc améliorer la maturation sans exposer brutalement toutes les branches.
Le vent peut abîmer les branches et les fruits
Le feuillage coriace du feijoa résiste relativement bien aux embruns et l’espèce peut être utilisée dans les jardins côtiers doux.
Les vents forts restent néanmoins défavorables à la production. Ils peuvent casser les jeunes branches, dessécher le feuillage et faire frotter ou tomber les fruits avant leur pleine maturité.
Les fruits proches de la récolte se meurtrissent facilement. Une chute sur un sol dur réduit fortement leur durée de conservation.
Un emplacement protégé des vents dominants est donc préférable, particulièrement lorsque l’arbuste est conduit sur un seul tronc plutôt qu’en touffe basse.
Quel sol convient au feijoa ?
Le feijoa préfère une terre profonde, fertile, aérée et correctement drainée, avec un pH légèrement acide à neutre.
Il s’adapte à différentes textures, mais supporte mal une saturation durable du sol. L’asphyxie racinaire peut provoquer un jaunissement du feuillage, une chute des feuilles, un dépérissement des branches et finalement la mort de l’arbuste.
Dans une terre lourde, il est préférable de planter légèrement surélevé et d’améliorer l’écoulement général de l’eau plutôt que de créer une petite poche de terreau au fond d’un trou imperméable.
Les sols très calcaires peuvent provoquer des carences et une croissance médiocre. Une terre légèrement calcaire est parfois tolérée, mais un terrain fortement alcalin ne constitue pas la situation idéale.
Une analyse du pH est utile lorsque le feuillage jaunit malgré une alimentation en eau correcte.
Un système racinaire plutôt superficiel
Une part importante des racines actives du feijoa se développe près de la surface. Les travaux profonds autour de l’arbuste peuvent donc détruire une partie du système absorbant.
Il vaut mieux maintenir une zone sans concurrence à l’aide d’un paillage que bêcher régulièrement le pied.
Le paillage limite également le dessèchement pendant l’été et protège légèrement les racines des variations de température.
Il doit rester à quelques centimètres du tronc afin de ne pas maintenir l’écorce constamment humide.
Une plante tolérante à la sécheresse, mais des fruits exigeants en eau
Un feijoa adulte peut survivre à des périodes sèches grâce à son feuillage coriace. Cette résistance concerne surtout la survie de l’arbuste, pas l’obtention d’une récolte abondante et de gros fruits.
Une sécheresse prolongée pendant la croissance des fruits provoque une réduction du calibre, un arrêt de croissance et parfois une chute prématurée.
Le jeune plant doit être arrosé régulièrement pendant ses premières années. Le sol doit rester frais en profondeur sans devenir constamment détrempé.
Les arrosages abondants et espacés sont préférables à de petites quantités déposées quotidiennement à la surface.
Une humidité régulière devient particulièrement importante en fin d’été et en automne, lorsque les fruits terminent leur croissance.
Peut-on cultiver un feijoa en pot ?
La culture en pot est possible et peut sécuriser l’hivernage dans une région où les températures descendent régulièrement sous le seuil supporté par la variété.
Le contenant doit être volumineux, stable et parfaitement drainé. Un petit pot sèche trop rapidement en été et limite fortement la croissance et la production.
Le feijoa a besoin d’une période fraîche en hiver. Il ne doit pas être conservé toute l’année dans une pièce chaude comme une plante tropicale.
L’hivernage idéal se fait dans un local lumineux, frais et non chauffé, ou dans une serre froide protégée des gels sévères.
La pollinisation reste nécessaire sous abri. Deux variétés doivent être présentes ou la pollinisation doit être réalisée manuellement.
À long terme, la pleine terre dans un bon microclimat donne généralement un arbuste plus équilibré et moins dépendant des arrosages.
Le feijoa fleurit sur les pousses de l’année
Les boutons floraux apparaissent à l’aisselle des feuilles sur les nouvelles pousses produites au printemps.
Cette caractéristique signifie qu’une taille hivernale légère ne supprime pas nécessairement toute la future floraison, contrairement à celle d’un arbuste qui porterait uniquement ses fleurs sur le vieux bois.
Une taille sévère peut toutefois provoquer une réaction très végétative, retarder la formation des fleurs et enlever une grande quantité de réserves.
Pour produire, l’arbuste doit donc conserver un équilibre entre le renouvellement de jeunes pousses et une structure suffisamment ouverte pour que celles-ci reçoivent de la lumière.
Faut-il tailler le feijoa ?
Le feijoa n’exige pas une taille annuelle détaillée. Son port naturel peut rester productif à condition que l’intérieur de la touffe ne devienne pas totalement sombre.
La taille sert surtout à former la silhouette souhaitée, retirer le bois abîmé par le gel, supprimer les branches qui se croisent et maintenir un accès suffisant à la récolte.
Sur un arbuste adulte trop dense, retirez progressivement quelques branches anciennes depuis leur point de départ plutôt que de rabattre indistinctement toutes les extrémités.
Les dégâts hivernaux ne doivent pas être taillés trop tôt. Attendez le redémarrage printanier pour distinguer précisément le bois vivant du bois mort.
Une taille excessive transforme facilement l’arbuste en masse de longues pousses vigoureuses portant peu de fleurs.
Conduire le feijoa en arbuste, en haie ou en petit arbre
La forme arbustive
Le feijoa forme naturellement plusieurs troncs depuis la base. Cette conduite offre une bonne résistance au vent et permet à l’arbuste de se renouveler après un accident climatique.
Il faut conserver un nombre raisonnable de tiges principales et supprimer progressivement celles qui encombrent le centre.
La haie fruitière
Une haie de feijoas est persistante, dense et décorative. Elle peut aussi réunir plusieurs cultivars et favoriser la pollinisation croisée.
Les tailles répétées au taille-haie réduisent cependant la floraison et rendent les fruits difficiles à atteindre à l’intérieur de la végétation.
Une haie fruitière doit donc être conduite plus librement qu’une haie ornementale taillée au cordeau.
La forme en petit arbre
Un tronc unique facilite l’entretien au pied, la récolte des fruits tombés et l’installation d’un filet ou d’une toile souple.
Cette forme est plus exposée au vent et dépend davantage de la survie du tronc principal après un hiver sévère.
Il ne faut pas monter la couronne trop haut, car une grande partie de l’intérêt du feijoa réside dans une récolte facilement accessible.
Le feijoa est globalement robuste face aux maladies
Dans un jardin européen, le feijoa présente généralement peu de problèmes sanitaires graves. Il demande souvent moins de protection qu’un pêcher, un abricotier ou un pommier sensible à la tavelure.
Cette robustesse ne signifie pas que l’espèce est immunisée. Dans certaines régions productrices humides, l’anthracnose peut provoquer des taches en creux et des pourritures sur les fruits.
Des cochenilles, thrips et mouches des fruits sont également signalés dans plusieurs pays, mais leur importance dépend fortement du climat et de la faune locale.
Dans le nord de la France, les difficultés les plus probables sont généralement liées au gel des fruits, au manque de chaleur, à une mauvaise pollinisation ou à l’asphyxie des racines plutôt qu’à une maladie épidémique.
Les fruits pourris ou momifiés doivent néanmoins être retirés de l’arbuste et du sol afin de limiter les sources de contamination.
Pourquoi un feijoa fleurit-il sans donner de fruits ?
La première cause à rechercher est l’absence d’un second génotype compatible. Un cultivar partiellement autofertile peut fleurir abondamment mais ne conserver que quelques fruits lorsqu’il est isolé.
Le manque d’oiseaux ou d’insectes efficaces peut également réduire le transport du pollen entre les deux arbres.
Une période froide, venteuse ou très pluvieuse pendant la floraison limite l’activité des pollinisateurs et peut réduire la réceptivité des fleurs.
Une taille sévère, un emplacement trop ombragé ou une croissance excessivement végétative peuvent aussi limiter la production.
Enfin, un arbuste jeune peut fleurir avant de disposer de suffisamment de vigueur pour conserver une récolte significative.
Faut-il éclaircir les fruits ?
L’éclaircissage n’est généralement pas une opération indispensable chez le feijoa. La nouaison naturelle et les chutes physiologiques limitent souvent la charge.
Sur un jeune arbuste ayant noué exceptionnellement fortement après une pollinisation manuelle, il peut néanmoins être utile de supprimer quelques fruits regroupés sur une branche faible.
Une surcharge réduit le calibre et peut courber les extrémités. Le problème reste habituellement moins important que chez le nashi, le pêcher ou le kaki.
Une alimentation régulière en eau et une bonne surface foliaire jouent souvent un rôle plus important que l’éclaircissage dans l’obtention de gros fruits.
Le fruit demande plusieurs mois pour parvenir à maturité
Après la floraison, les feijoas continuent leur développement pendant environ quatre à six mois, parfois davantage selon la variété et le climat.
Dans une région chaude, cette longue période ne pose pas de difficulté. Sous un climat frais, la maturation se prolonge jusqu’à la fin de l’automne, lorsque la lumière et les températures diminuent rapidement.
Une variété tardive peut produire des fruits de taille normale mais restant durs, très acides et peu aromatiques.
Une charge excessive, une situation ombragée ou une sécheresse estivale retardent encore la maturité.
Pour le nord de la France, la précocité réelle constitue donc un caractère plus important que le calibre maximal observé dans une région méditerranéenne.
La couleur verte n’indique pas la maturité
La majorité des feijoas reste verte pendant toute la maturation. Certains fruits s’éclaircissent légèrement ou prennent une nuance jaune, mais la différence reste souvent peu visible.
Il est donc difficile de déterminer le bon stade uniquement en regardant l’arbuste.
Un fruit mûr se détache avec une très légère traction ou tombe naturellement. Il devient également un peu plus souple et dégage un parfum plus évident.
À l’intérieur, la zone centrale contenant les petites graines devient translucide et gélatineuse. Sur un fruit immature, cette partie reste plus opaque et la chair possède une acidité et une granulosité plus marquées.
Lorsque la pulpe centrale devient brune et que le parfum décline, le fruit a dépassé son meilleur stade de consommation.
Un fruit climactérique qui ne doit pas être cueilli trop tôt
Le feijoa peut continuer à ramollir après avoir été détaché de l’arbuste. Cette propriété permet de récolter un fruit physiologiquement mûr juste avant sa chute.
Elle ne permet pas de transformer un fruit très immature en feijoa pleinement parfumé. Un fruit cueilli plusieurs semaines trop tôt pourra ramollir sans atteindre la même richesse aromatique.
Le meilleur compromis consiste à attendre que le fruit se détache facilement sous une légère pression de la main.
Les premiers fruits tombés servent de repère pour commencer les passages de récolte. Comme les fruits d’un même arbuste ne mûrissent pas tous simultanément, plusieurs cueillettes sont nécessaires.
Récolter sans meurtrir les fruits
Un feijoa mûr possède une peau résistante en apparence, mais sa chair se meurtrit facilement lors d’une chute sur une surface dure.
Une couche d’herbe courte, un paillage souple ou une toile tendue sous l’arbuste permet de récupérer les fruits sans les choquer.
Les fruits doivent être ramassés quotidiennement pendant la période principale de chute.
Pour améliorer leur conservation, il est préférable de cueillir directement les fruits qui se détachent presque sans effort plutôt que d’attendre qu’ils tombent tous au sol.
Un fruit ayant subi un choc peut brunir intérieurement alors que sa peau semble encore intacte.
Une chair en deux zones aux textures différentes
La partie centrale du feijoa est translucide, gélatineuse, juteuse et remplie de nombreuses petites graines tendres.
La chair située près de la peau est plus ferme, blanchâtre et légèrement granuleuse. Cette texture provient de petites cellules pierreuses également présentes chez la poire et la goyave.
La proportion entre ces deux zones varie beaucoup selon les cultivars. Certaines variétés possèdent une large partie centrale fondante, tandis que d’autres offrent davantage de chair externe ferme.
Une granulosité légère est normale. Une chair dure, sèche et excessivement granuleuse peut cependant indiquer un fruit immature ou un génotype de qualité médiocre.
Quel goût possède le feijoa ?
Le profil aromatique associe généralement des notes d’ananas, de goyave, de fraise, de poire, d’agrumes et parfois de menthe ou d’eucalyptus.
Chaque cultivar possède toutefois son propre équilibre entre sucre, acidité et parfum. Certains fruits sont doux et floraux, tandis que d’autres conservent une acidité vive ou une peau plus astringente.
Le parfum se concentre particulièrement dans la peau et dans les tissus proches de celle-ci. La peau est comestible, mais son amertume et son astringence ne plaisent pas à tous.
Pour une première dégustation, le fruit peut être coupé en deux et consommé à la cuillère, comme un kiwi.
Comment conserver les feijoas ?
Les fruits arrivés à pleine maturité se conservent peu de temps à température ambiante. Ils ramollissent rapidement et peuvent développer un brunissement interne avant que la peau ne paraisse fortement altérée.
Le réfrigérateur permet de prolonger leur conservation pendant plusieurs semaines selon la variété et le stade de récolte.
Le froid ralentit le ramollissement, mais une conservation trop longue entraîne une perte progressive de parfum et une augmentation du risque de brunissement de la pulpe.
Les fruits doivent être contrôlés régulièrement. Une odeur fermentée, une pulpe brune ou une texture aqueuse indiquent qu’ils ont dépassé leur meilleur stade.
La pulpe peut être congelée pour préparer ultérieurement des compotes, sorbets, boissons, confitures ou desserts.
Quel feijoa choisir selon son objectif ?
Pour une culture dans le nord de la France
Privilégiez une variété précoce, capable de mûrir avant les premières gelées, et installez-la contre un mur chaud ou dans un microclimat abrité.
Pour ne planter qu’un seul arbuste
Choisissez un cultivar reconnu pour sa bonne autocompatibilité. Même dans ce cas, la production sera généralement plus régulière en présence d’une autre variété.
Pour obtenir de gros fruits
Comparez le calibre, mais aussi la proportion de pulpe, la régularité de production et la précocité. Les cultivars à très gros fruits ne sont pas toujours les mieux adaptés aux régions fraîches.
Pour manger les fruits frais
Recherchez une chair peu granuleuse, un bon équilibre sucre-acidité, un parfum intense et une pulpe qui brunit lentement après ouverture.
Pour former une haie fruitière
Associez plusieurs cultivars aux floraisons longues et complémentaires. Maintenez une forme libre et évitez les tailles répétées au taille-haie.
Pour une culture en pot
Choisissez une variété relativement compacte et précoce. Prévoyez un grand contenant, un hivernage lumineux et frais et une pollinisation croisée ou manuelle.
Questions fréquentes sur les feijoas
Le feijoa est-il un véritable goyavier ?
Non. Il appartient à la même famille botanique que les goyaviers, mais au genre Acca et non au genre Psidium.
Peut-on cultiver un feijoa dans le nord de la France ?
Oui dans une situation très protégée, mais la production n’est pas garantie chaque année. La précocité du cultivar et la capacité des fruits à mûrir avant les premières gelées sont déterminantes.
Faut-il planter deux feijoas ?
C’est fortement recommandé. L’autocompatibilité varie selon les cultivars et la pollinisation croisée améliore généralement la quantité et le calibre des fruits.
Deux plants de la même variété peuvent-ils se polliniser ?
Ils possèdent le même patrimoine génétique et ne constituent pas une véritable association croisée. Il faut planter deux cultivars différents.
Pourquoi mon feijoa fleurit-il sans produire ?
Les causes les plus fréquentes sont l’auto-incompatibilité, l’absence d’un second cultivar, un manque de pollinisateurs ou de mauvaises conditions pendant la floraison.
Les fleurs sont-elles comestibles ?
Oui. Les pétales sont charnus et sucrés. Il faut éviter d’endommager le pistil et les étamines si l’on souhaite que la fleur produise un fruit.
Le feijoa résiste-t-il au gel ?
L’arbuste adulte supporte des gels modérés, mais le feuillage, les jeunes pousses et surtout les fruits peuvent être endommagés. La résistance varie selon la variété et les conditions.
Pourquoi mes fruits ne mûrissent-ils pas ?
La variété peut être trop tardive, l’exposition insuffisamment chaude ou la charge trop importante. Les fruits ont besoin de plusieurs mois entre la floraison et la récolte.
Comment reconnaître un feijoa mûr ?
Il se détache presque sans effort, devient légèrement plus souple et parfumé, et sa pulpe centrale devient translucide et gélatineuse.
Un feijoa continue-t-il à mûrir après la récolte ?
Il peut continuer à ramollir lorsqu’il a atteint sa maturité physiologique. Un fruit cueilli beaucoup trop tôt restera néanmoins peu parfumé.
Pourquoi les fruits tombent-ils au sol ?
La chute naturelle correspond au stade habituel de pleine maturité. Un paillage souple ou une toile permet d’éviter les meurtrissures.
Faut-il beaucoup tailler le feijoa ?
Non. Une taille légère destinée à former la plante, retirer le bois mort et éclaircir les zones trop denses suffit généralement.
Le feijoa est-il sensible aux maladies ?
Il est globalement robuste. L’anthracnose et quelques ravageurs peuvent devenir importants dans certaines régions, mais les problèmes de froid, de pollinisation et de sol sont souvent plus déterminants dans le nord de la France.
Peut-on le cultiver dans une terre calcaire ?
Une légère présence de calcaire peut être tolérée, mais les sols très alcalins favorisent les carences et une mauvaise croissance. Une terre légèrement acide à neutre est préférable.
Quelle est la différence entre un plant greffé et un semis ?
Le plant greffé reproduit fidèlement une variété connue. Le semis donne un nouvel individu dont la qualité, la maturité et l’autofertilité restent imprévisibles.
