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Poirier de Bollwiller - Sorbopyrus

Hybride rare poirier-alisier, à petits fruits dorés sucrés et croquants, très ornemental.
À partir de 18,00
Hybride rare poirier-alisier, autofertile, à petits fruits sucrés, feuillage gris et maturité tardive.
À partir de 18,00

Poirier de Bollwiller : un fruitier hybride né en Alsace

Le poirier de Bollwiller n’est pas une simple variété de poire. Il provient d’un croisement exceptionnel entre le poirier commun, Pyrus communis, et l’alisier blanc, longtemps appelé Sorbus aria et aujourd’hui généralement classé sous le nom Aria edulis.

Il s’agit donc d’un hybride entre deux genres botaniques différents. Son feuillage, son port et ses fruits présentent des caractères intermédiaires entre le poirier et l’alisier : feuilles épaisses et blanchâtres au revers, floraison en bouquets et petits fruits jaunes à orangés rappelant une poire ronde, un petit coing ou une grosse alise.

L’hybride serait apparu à la fin du XVIe siècle dans les jardins du château des barons de Bollwiller, dans le Haut-Rhin. Les documents historiques situent son observation autour de 1599. Il était alors appelé « Rothbirle », c’est-à-dire « petite poire rouge ».

Le botaniste Jean Bauhin l’observa ensuite dans le jardin du prince de Montbéliard. Sa description, publiée après sa mort en 1650 sous le nom Pirus polvvilleriana, constitue l’un des premiers témoignages précis concernant cet arbre remarquable.

Un arbre probablement issu d’un événement unique

Le poirier de Bollwiller historique semble provenir d’une hybridation extrêmement rare, probablement survenue spontanément dans un jardin où poussaient à proximité un poirier et un alisier blanc.

Il ne s’agissait pas à l’origine d’une population composée de nombreux semis différents. Le premier arbre a été conservé puis multiplié par greffage. Les descendants diffusés dans les jardins européens étaient donc, selon toute vraisemblance, des copies végétatives du même individu initial.

Cette multiplication par greffage explique qu’un arbre apparu il y a plus de quatre siècles ait pu être conservé jusqu’à aujourd’hui. Des greffons furent notamment diffusés par les pépinières Baumann de Bollwiller, qui comptèrent parmi les établissements horticoles alsaciens les plus réputés des XVIIIe et XIXe siècles.

L’arbre fut ensuite planté dans des jardins botaniques et des arboretums en France, en Allemagne, en Europe centrale, au Royaume-Uni puis en Amérique du Nord. Il est cependant resté beaucoup plus fréquent dans les collections botaniques que dans les vergers fruitiers.

Pourquoi trouve-t-on plusieurs noms botaniques ?

Le poirier de Bollwiller a reçu de nombreux noms au cours de ses quatre siècles d’histoire. Les botanistes ont longtemps hésité sur la manière de classer cet arbre intermédiaire entre poirier et alisier.

Il a notamment été appelé Pyrus pollveria, Pyrus bollwylleriana, Pyrus irregularis, × Sorbopyrus auricularis et × Sorbopyrus irregularis. Ces noms ne correspondent pas nécessairement à autant de variétés différentes : ils représentent souvent différentes interprétations botaniques du même hybride.

Le nom × Sorbopyrus avait été construit à partir de Sorbus et Pyrus. Depuis que l’alisier blanc est séparé du genre Sorbus et classé dans le genre Aria, le nom actuellement accepté par Kew est × Pyraria irregularis, formé à partir de Pyrus et Aria.

Le nom × Sorbopyrus auricularis reste néanmoins très employé par les pépiniéristes, les arboretums et les collectionneurs. Il est encore utile pour effectuer des recherches et identifier les anciennes étiquettes.

Le signe « × » placé devant le nom indique qu’il s’agit d’un hybride entre deux genres. Il ne signifie ni que la plante est artificielle, ni qu’elle a été créée récemment.

Pourquoi existe-t-il plusieurs « variétés » de poiriers de Bollwiller ?

La confusion vient de plusieurs phénomènes différents. Les nombreux synonymes botaniques donnent d’abord l’impression qu’il existe de multiples plantes, alors qu’ils peuvent désigner le même clone historique.

Des greffons ont ensuite circulé pendant plusieurs siècles entre pépinières, jardins botaniques et pays différents. Des noms locaux ou commerciaux ont été attribués aux arbres, parfois sans possibilité de vérifier leur identité par rapport au clone d’origine.

Enfin, le poirier de Bollwiller est très peu fertile, mais il n’est pas totalement incapable de former une graine viable. Quelques semis exceptionnels ont donc pu être obtenus. Contrairement à une greffe, un semis constitue un nouvel individu génétiquement différent, susceptible de produire un fruit plus gros, plus rond ou davantage proche du poirier.

Certaines formes cultivées sont donc réellement des descendants distincts de l’hybride historique. D’autres ne sont probablement que le même clone ayant changé plusieurs fois de nom. Dans certains cas, l’origine exacte du matériel diffusé aujourd’hui n’est plus documentée.

Le clone historique de Bollwiller

Le poirier décrit à Bollwiller produit de petits fruits réunis par groupes. Ils mesurent généralement environ 2,5 à 3 cm, parfois davantage, et prennent à maturité une couleur jaune à jaune orangé, souvent teintée de rouge sur la face exposée au soleil.

La chair est jaune orangé, douce et sucrée, avec une texture assez dense ou farineuse rappelant davantage une pomme tendre qu’une poire fondante. Certaines descriptions signalent une légère saveur de coing.

Le fruit contient généralement très peu de pépins correctement formés. Il doit être consommé à pleine maturité, lorsque sa couleur évolue et que sa chair commence à s’assouplir. Cueilli trop tôt, il peut rester ferme, sec et peu parfumé.

Cette forme historique ne doit pas être choisie pour obtenir une poire aussi grosse et fondante qu’une variété moderne de Pyrus communis. Son intérêt réside surtout dans son histoire, son caractère botanique exceptionnel, son aspect ornemental et sa saveur particulière.

‘Shipova’ : nom de l’hybride ou variété particulière ?

Le nom ‘Shipova’ est aujourd’hui le plus fréquemment rencontré dans le commerce international. Il est parfois utilisé comme simple nom commun anglais de l’ensemble des poiriers de Bollwiller, et parfois comme nom d’une sélection particulière.

Les sources horticoles du XXe siècle décrivent généralement ‘Shipova’ comme un clone diffusé depuis l’ancienne Yougoslavie. Il produit habituellement des fruits plus gros et davantage proches d’une petite poire que ceux attribués à la forme historique de Bollwiller.

Il n’est donc pas prudent d’affirmer que toutes les plantes appelées ‘Shipova’ sont rigoureusement identiques au premier arbre alsacien. Selon les fournisseurs, le nom peut désigner l’hybride en général, une sélection à gros fruits ou un matériel dont l’identité précise n’a pas été conservée.

Des noms comme ‘Smokvarka’ sont également associés dans certaines collections au matériel provenant des Balkans. Là encore, il peut s’agir d’un synonyme régional ou d’un clone légèrement différent.

‘Bulbiformis’ : un descendant plus proche du poirier

‘Bulbiformis’ provient d’un semis exceptionnel obtenu à Prague au XIXe siècle. Il ne s’agit donc pas simplement d’un autre nom attribué au clone initial, mais d’un descendant distinct issu d’une rare graine fertile.

Cette sélection présente des caractères davantage proches du poirier. Ses feuilles sont moins typiques de l’alisier et ses fruits sont plus gros, plus arrondis ou légèrement piriformes.

Le nom bulbiformis fait référence à la forme renflée du fruit. Cette sélection a parfois été diffusée sous des noms évoquant une poire tatare ou une grande Shipova.

Le fait qu’un descendant ressemble davantage au poirier peut s’expliquer par une nouvelle fécondation avec du pollen de poirier. Un tel croisement en retour augmente la proportion de caractères provenant de Pyrus communis.

‘Malifolia’ : une forme dont l’identité reste discutée

La forme appelée ‘Malifolia’ ou Pyrus malifolia a été décrite à Paris en 1834. Son feuillage et ses fruits différaient légèrement de ceux du poirier de Bollwiller classique.

Son origine exacte a fait l’objet de plusieurs interprétations. Elle a été considérée comme un semis du poirier de Bollwiller, comme une nouvelle hybridation ou même, dans certaines publications anciennes, comme une forme comportant une influence du pommier.

Les classifications botaniques modernes ne la reconnaissent généralement plus comme une espèce indépendante. Kew la place parmi les synonymes du groupe × Pyraria irregularis, mais la littérature horticole continue parfois à la présenter comme une forme ou un cultivar distinct.

Cette incertitude ne signifie pas que la plante n’existe pas. Elle signifie que les descriptions historiques, les échantillons conservés et les plantes actuellement diffusées ne permettent pas toujours de relier avec certitude chaque nom à un clone parfaitement identifié.

Les appellations commerciales ne sont pas toujours normalisées

Des noms comme « Shipova », « Bollwiller Pear », « Baby Shipova », « Sorbopyrus », « Tatar Pear » ou « poire de Bollwiller à gros fruits » sont utilisés de manière variable selon les pays et les pépinières.

Le terme « Baby Shipova » peut désigner un arbre de petite taille, une forme produisant de petits fruits ou le clone historique supposé, selon le fournisseur. Il ne constitue pas à lui seul une identité botanique suffisamment précise.

Pour comparer deux offres, il faut donc examiner la provenance du greffon, la taille et la forme des fruits, le nom du fournisseur d’origine et, si possible, une photographie de la plante mère.

Deux arbres vendus sous des noms différents peuvent être identiques. À l’inverse, deux arbres tous deux appelés ‘Shipova’ peuvent provenir de clones distincts.

Un hybride presque stérile peut-il quand même produire des fruits ?

Oui. La faible fertilité concerne surtout la capacité à former des graines viables et des descendants, pas nécessairement la capacité de l’arbre à fleurir et à développer des fruits.

Le poirier de Bollwiller a été décrit comme triploïde, avec trois jeux de chromosomes. Cette organisation perturbe la formation régulière des cellules reproductrices et explique pourquoi les pépins sont rares ou non viables.

L’arbre peut néanmoins porter une récolte, parfois avec des fruits presque dépourvus de graines. Les observations concernant son autofertilité et ses meilleurs pollinisateurs restent cependant moins précises que pour les poiriers classiques.

La présence d’un poirier fleurissant à la même période constitue une précaution raisonnable et peut favoriser la nouaison de certains clones. Il ne faut cependant pas garantir qu’un cultivar de poirier particulier pollinisera de la même manière toutes les formes commercialisées sous le nom de Shipova ou de poirier de Bollwiller.

Quel porte-greffe et quel développement prévoir ?

Le poirier de Bollwiller historique a principalement été multiplié par greffage sur des semis de poirier commun. Cette association donne généralement un arbre vigoureux, profondément enraciné et capable d’atteindre une taille importante.

Sur franc, il faut le considérer comme un véritable arbre de verger ou de collection, et non comme un petit arbuste à fruits. Les anciens sujets peuvent dépasser largement dix mètres lorsqu’ils ne sont pas limités par la taille ou le terrain.

Le choix d’un porte-greffe moins vigoureux peut réduire les dimensions et avancer la mise à fruit, mais les informations concernant la compatibilité à très long terme restent moins nombreuses que pour les variétés ordinaires de poirier.

Le point de greffe doit toujours rester au-dessus du sol. Toute pousse apparaissant sous ce point appartient au porte-greffe et doit être supprimée.

Sol, emplacement et plantation

Le poirier de Bollwiller apprécie une exposition ensoleillée et un sol profond, fertile et correctement drainé. Il tolère généralement les conditions convenant à un poirier commun greffé sur le même porte-greffe.

Dans le nord de la France, la rusticité hivernale ne pose normalement pas de difficulté. Une situation lumineuse favorise néanmoins la maturation, la coloration orangée des fruits et le développement de leurs sucres.

Un jeune plant en pot déjà feuillé reste plus sensible aux gelées qu’un arbre adulte dormant. Plantez-le de préférence au printemps après le principal risque de gelée si sa végétation a commencé sous abri.

Préparez une zone de sol large, bien ameublie, finement émiettée et débarrassée du chiendent, du liseron et des autres plantes vivaces. Rebouchez principalement avec la terre du terrain et évitez une poche de terreau pur autour des racines.

Maintenez le pied désherbé et arrosez pendant toute la première année lorsque les pluies ne suffisent pas. Un arbre réputé rustique ne devient réellement résistant à la sécheresse qu’après avoir installé son système racinaire.

Taille et conduite

Le poirier de Bollwiller forme naturellement un arbre dressé et vigoureux. Les premières années, construisez une charpente solide avec un axe et des branches bien réparties plutôt que de chercher immédiatement à réduire sa hauteur.

Une fois l’arbre formé, la taille doit rester modérée. Retirez le bois mort, les branches qui se croisent et les pousses dirigées vers l’intérieur, tout en conservant les courtes ramifications fructifères.

Les tailles sévères stimulent de longues pousses végétatives et peuvent retarder la fructification. Il est préférable de prévoir suffisamment de place dès la plantation plutôt que de rabattre continuellement l’arbre.

Récolte et qualité des fruits

Les fruits mûrissent généralement de la fin de l’été au début de l’automne selon le clone, le porte-greffe et le climat. Leur couleur évolue du vert au jaune orangé, souvent avec une joue rouge au soleil.

La récolte ne doit pas être uniquement fondée sur la date. Attendez que le fruit soit bien coloré, qu’il développe une odeur agréable et qu’il commence à se détacher plus facilement.

Les petits fruits du clone historique possèdent une texture plus dense et farineuse que celle d’une poire de table. Les sélections plus proches du poirier, notamment celles diffusées comme ‘Shipova’ ou ‘Bulbiformis’, peuvent présenter une chair plus juteuse et un fruit plus gros.

Les fruits peuvent être consommés frais lorsqu’ils sont pleinement mûrs, mais aussi utilisés cuits, en compote ou mélangés à d’autres fruits. Leur intérêt gustatif varie réellement selon le clone : la description d’une Shipova à gros fruits ne doit pas être appliquée automatiquement à tous les poiriers de Bollwiller.

Comment choisir parmi les différentes formes ?

Pour rechercher l’arbre historique alsacien, choisissez un matériel clairement identifié comme provenant du clone ancien de Bollwiller et attendez-vous à de petits fruits jaunes à orangés, doux mais assez denses.

Pour privilégier la qualité et le calibre du fruit, choisissez une sélection documentée comme ‘Shipova’ à gros fruits ou ‘Bulbiformis’, en vérifiant autant que possible sa provenance.

Pour constituer une collection botanique, les différentes formes ont un intérêt réel, car elles illustrent la manière dont un hybride presque stérile peut exceptionnellement produire des descendants plus proches de l’un de ses parents.

Il faut enfin accepter qu’une partie de la nomenclature reste incertaine. Une présentation honnête doit distinguer les faits historiques établis, les sélections réellement décrites et les simples appellations commerciales dont l’identité génétique n’a pas été vérifiée.

Questions fréquentes sur les poiriers de Bollwiller

Le poirier de Bollwiller est-il un vrai poirier ?

Il est à moitié poirier au sens de son origine hybride. Il résulte d’un croisement entre le poirier commun et l’alisier blanc et présente des caractères intermédiaires entre les deux parents.

Quel est son nom botanique correct ?

Le nom actuellement accepté par Kew est × Pyraria irregularis. Les noms × Sorbopyrus auricularis et × Sorbopyrus irregularis restent très utilisés dans la littérature horticole.

Pourquoi voit-on autant de synonymes ?

L’arbre a été décrit pendant quatre siècles par différents botanistes, qui l’ont successivement classé parmi les poiriers, les sorbiers ou dans plusieurs genres hybrides. Beaucoup de ces noms désignent le même hybride.

‘Shipova’ et poire de Bollwiller sont-elles exactement identiques ?

Pas nécessairement. ‘Shipova’ est parfois employé comme nom général de l’hybride, mais aussi pour une sélection à fruits relativement gros diffusée depuis l’ancienne Yougoslavie. L’identité dépend donc de la provenance du plant.

Pourquoi existe-t-il des variétés si l’hybride est stérile ?

Il est presque stérile, mais quelques graines viables ont exceptionnellement été obtenues. Chaque semis crée un nouvel individu, différent du clone d’origine, qui peut ensuite être conservé par greffage.

Peut-on semer les pépins ?

La plupart des fruits ne contiennent pas de pépins viables. Une germination reste exceptionnellement possible, mais le plant obtenu ne reproduira pas fidèlement la variété et pourra présenter des caractères très différents.

Quelle différence entre le clone historique et ‘Bulbiformis’ ?

‘Bulbiformis’ est un descendant obtenu par semis au XIXe siècle. Il présente des caractères plus proches du poirier et des fruits généralement plus gros que ceux décrits sur le clone historique.

Le poirier de Bollwiller est-il autofertile ?

Il peut former des fruits seul, mais les informations varient selon les clones. La proximité d’un poirier fleurissant à la même période constitue une précaution utile sans garantir une compatibilité parfaite.

Quelle taille atteint-il ?

Greffé sur franc de poirier, il peut devenir un grand arbre dépassant dix mètres. Les dimensions dépendent fortement du porte-greffe, du sol et de la conduite.

Les fruits sont-ils bons ?

Ils sont doux et comestibles à pleine maturité, mais leur qualité dépend du clone. La forme historique donne plutôt de petits fruits à texture dense ou farineuse, tandis que certaines Shipova et ‘Bulbiformis’ produisent des fruits plus gros et plus proches d’une poire.