1. Même paire d’allèles = incompatible
Exemple :
Variété A : S1S3
Variété B : S1S3
Ces deux variétés possèdent la même combinaison d’allèles S. Elles appartiennent donc au même groupe d’incompatibilité pollinique et ne se pollinisent pas correctement entre elles.
2. Un allèle en commun = compatibilité partielle
Exemple :
Variété A : S1S3
Variété B : S3S9
La variété B produit du pollen portant soit l’allèle S3, soit l’allèle S9. Sur une fleur de variété A, qui possède les allèles S1S3, le pollen S3 est rejeté, car cet allèle est déjà présent chez la variété receveuse.
En revanche, le pollen S9 peut être accepté. La pollinisation est donc possible, mais seulement avec une partie du pollen. Ce cas peut fonctionner si les floraisons se chevauchent bien et si les insectes pollinisateurs sont actifs.
3. Aucun allèle en commun = bonne compatibilité
Exemple :
Variété A : S1S3
Variété B : S2S4
La variété B produit du pollen portant les allèles S2 ou S4. La variété A possède les allèles S1S3. Comme aucun allèle n’est commun entre les deux variétés, les deux types de pollen peuvent en principe être acceptés.
C’est généralement le cas le plus sûr, à condition que les périodes de floraison se chevauchent suffisamment.
4. Variétés autofertiles : le cas des allèles modifiés
Certaines variétés modernes de cerisiers, comme Stella, Lapins, Sweetheart, Skeena ou Sunburst, sont autofertiles ou considérées comme de bons pollinisateurs.
Cette autofertilité est souvent liée à un allèle modifié, comme S4’, qui permet à la variété d’accepter son propre pollen. Ces variétés peuvent donc produire seules et servir de pollinisateurs pour de nombreuses autres variétés, à condition que les floraisons se chevauchent.
À retenir : chez le cerisier doux, deux variétés différentes ne sont pas forcément compatibles. Il faut vérifier à la fois la période de floraison et les allèles S. L’idéal est de choisir des variétés compatibles, avec une floraison proche, ou d’intégrer une variété autofertile dans la plantation.